Lancement de « Dérives »

L’Unité de recherche sur l’histoire du nursing de l’Université d’Ottawa, en partenariat avec le Centre d’histoire des régulations sociales, est heureuse de vous convier au

Lancement de

Dérives. Une histoire sensible des parcours psychiatriques en Ontario français     (PUO , 2021)

En présence des autrices Marie-Claude Thifault et Marie LeBel qui dialogueront avec Linda Cardinal (UOF), Dahlia Namian (UOttawa) et Julien Prud’homme (UQTR).

Le jeudi 18 novembre à 17h à l’UQAM

(salle A-6290) et sur Zoom

Inscription obligatoire

petit.kim@uqam.ca  

Le passeport vaccinal sera exigé

Les conflits infirmiers

L’Unité de recherche sur l’histoire du nursing organise un panel sur l’histoire des conflits infirmiers dans le cadre du congrès annuel de l’Institut d’Histoire de l’Amérique Française qui se déroule en ligne tout au long du mois d’octobre. Ce panel aura lieu sur Zoom le vendredi 29 octobre à partir de 15h (l’inscription se fait ici). Voici le programme des interventions :

SÉANCE 10 – Les conflits infirmiers, des événements trop longtemps négligés

Présidence : Marie-Claude Thifault, directrice de l’Unité de recherche sur l’histoire du nursing, Université d’Ottawa

Le Congrès international des infirmières de 1929 à Montréal, lieu d’un conflit oublié entre les gardes-malades canadiennes-françaises et leurs consœurs anglophones

Alexandre Klein, Hubert Larose-Dutil 

De conflit en conflit… pour une amélioration de la formation des infirmières

Evy Nazon, Sandra Harrisson 

Grèves des infirmières et crise de la reproduction sociale

Camille Robert

Recension de Dérives

L’ouvrage Dérives, publié récemment par notre directrice Marie-Claude Thifault et notre membre régulier Marie LeBel, vient de faire objet d’une première recension sur le site H-Madness.

L’auteur de la critique conclue ainsi son texte : « Instructive pour l’historien, tant par la rigueur de l’approche micro-historienne que pour les problématiques complexes qu’elle révèle, cette étude le sera également pour le non-initié curieux de découvrir au plus près la manière dont se construisent des vies en proie à la maladie mentale dans des sociétés en mutation. » Le reste est à lire ici.

La déficience intellectuelle au sein du discours médical canadien (1956–1972)

Hubert Larose-Dutil, membre étudiant de notre Unité, publiera dans le prochain numéro du Bulletin canadien d’histoire de la médecine un article intitulé « “ full and useful lives ” : La déficience intellectuelle au sein du discours médical canadien (1956–1972) ». Cet article, dont vous trouverez le résumé ci-dessous, est déjà accessible sur le site de la revue : https://www.utpjournals.press/doi/full/10.3138/cbmh.462-072020

Résumé de l’article : Les articles publiés entre 1956 et 1972 au sein du Canadian Medical Association Journal (CMAJ) et du Canadian Psychiatric Association Journal (CPAJ) témoignent d’un certain intérêt de la communauté médicale canadienne pour le retard mental au cours de cette période. Celle-ci se préoccupe tout particulièrement du poids économique que représente – d’après elle – le « retardé mental » et de la capacité de ce dernier à atteindre une autonomie suffisante pour être productif. Dans cet article, nous mettons en lumière l’ambition de disciplinarisation du retardé mental qui transparaît du corpus analysé. Nous analysons d’abord les propos tenus sur le diagnostic de retard mental, puis ceux portant sur les traitements, les soins et les services jugés pertinents. Enfin, nous examinons le discours véhiculé dans les deux revues sur les échecs de l’entreprise médicale d’autonomisation et de majoration économique du retardé mental.

Quatrième et dernière rencontre du groupe de soutien URHN-SCHM

Notre Unité s’est associée à la Société canadienne d’histoire de la médecine pour offrir un espace de rencontres et de discussion autour de projets de rédaction en cours aux étudiant‧e‧s diplômé‧e‧s et chercheur‧e‧s dont les travaux traitent de l’histoire de la médecine et de la santé.

La quatrième et dernière rencontre aura lieu le jeudi 3 juin prochain à 12h (EST) autour de deux présentations touchant à l’histoire de la santé entre Éros et Thanatos.

Pour obtenir le lien Zoom , écrire à nhru@uottawa.ca

Résumés des interventions :

Elle court, elle court… La maladie d’amour et ses symptômes dans les romans grecs de l’Antiquité.  

Valérie Bérubé

Le genre romanesque antique a longtemps été mis de côté par les chercheurs du fait de son sujet amoureux. Heureusement, le dynamisme des recherches récentes témoigne d’un engouement nouveau pour la prose narrative antique: en effet, depuis 1999, quinze colloques internationaux se sont tenus sur le sujet. Tout en s’inscrivant dans la recherche actuelle, notre étude a pour but d’apporter un regard neuf sur ces textes grâce au thème encore peu étudié qu’est la médecine. À l’occasion de cette rencontre, nous présenterons un sous-chapitre dédié à l’étude des symptômes de l’amour présents dans notre corpus. 

Lieux de quarantaine durant la Peste: lieux de charnier? 

Didier Crémadès

L’Histoire de la Peste continue de faire couler de l’encre comme nous avions pu le voir l’année dernière avec le triste anniversaire des 300 ans de la Peste à Marseille. Mais qu’en est-il de celle de 1629 ? On évoque souvent, en Provence, celle de 1347, mais celle du millésime 1629 n’intéresse guère. Aujourd’hui, le laboratoire CHIBEC et moi-même œuvrons pour ouvrir un Projet Commun de Recherche autour de cet événement. Nous nous intéressons tout particulièrement aux infirmeries et les lieux de quarantaine qui ont existé en Provence, et notamment à Signes dans le Var entre 1346 et 1720. À Signes, les délibérations communales nous apprennent en effet que l’Infirmerie, créée en 1587, a été réactivée en 1629 et qu’un quartier signois a été désigné pour y créer une zone de quarantaine, tel que l’Arrêt du Parlement de Provence du 17 juillet 1629 l’imposait. De nombreuses questions restent toutefois en suspens quant aux implantations des lieux de quarantaine (pour Signes, nous avons pu localiser avec certitude le quartier), au mode de mise en œuvre des quarantaines et à leurs utilités et utilisations. Dans cette communication, il sera notamment question de déterminer si ces lieux ont été aussi des charniers ou fosses pour les pestiférés. Leur topographie en faisait un lieu suffisamment en retrait ; les cimetières n’accueillaient principalement que des corps sains en temps de peste et nombre de fours à chaux ont été construits durant ces épidémies et à proximité de ces zones de quarantaine. En somme, ce sur quoi nous souhaitons échanger avec le groupe de travail URHN-SCHM est la relation entre la chaux et les pestiférés. 

Une vocation émancipatrice

Notre directrice Marie-Claude Thifault et notre coordonnateur Alexandre Klein ont publié sur le site Nursing Clio un article (en anglais) sur le nursing comme source d’émancipation féminine dans le Québec du XXe siècle. Autour des histoires de Sœur Augustine et de Charlotte Tassé, ils démontrent que loin de l’image de femme soumise qui colle aux infirmières, leur vocation pouvait aussi être une occasion d’émancipation‧ L’article est à découvrir ici.

Image: Soeur Augustine, Directrice de l’école de gardes-malades avec des graduées en 1926. Hôpital Saint-Jean-de-Dieu. (Source: The Providence Archives, Montréal)

Troisième rencontre du groupe de soutien URHN-SCHM

Notre Unité s’est associée à la Société canadienne d’histoire de la médecine pour offrir un espace de rencontres et de discussion autour de projets de rédaction en cours aux étudiant‧e‧s diplômé‧e‧s et chercheur‧e‧s dont les travaux traitent de l’histoire de la médecine et de la santé.

La troisième rencontre aura lieu le jeudi 6 mai prochain à 12h (EST) autour de deux présentations touchant à l’histoire de la santé entre institutions et mobilisations.

Pour obtenir le lien Zoom , écrire à nhru@uottawa.ca

Résumés des interventions :

L’invention médicale de l’aviateur. L’institutionnalisation de la sélection médicale des pilotes de guerre, France-Royaume-Uni (1914-1934)

Aude-Marie Lalanne Berdouticq

La Première Guerre mondiale est un moment clef de l’invention médicale du pilote de guerre. Au commencement du conflit, les armées française et britannique sélectionnent leurs combattants au cours d’un examen destiné à estimer leur aptitude militaire. Peu de choses sont spécifiquement prévues pour ces soldats d’un genre nouveau que sont les aviateurs, confrontés en plein ciel à des conditions et des exigences fort éloignées de celle des fantassins des tranchées. C’est au cours de la guerre qu’est donné un élan décisif à la médecine aéronautique et que se développent les procédures et les outils de la sélection médicale des pilotes. Le conflit constitue un terrain d’expérimentation médicale et technique d’une ampleur tout à fait inédite dont l’objectif est de dégager au plus vite les critères de l’aptitude des aviateurs et les moyens efficaces de procéder au choix des hommes.

Au croisement de l’histoire de l’expertise, de l’histoire des pratiques savantes et de l’histoire des sociétés en guerre, je me propose de faire l’étude de l’institutionnalisation de la sélection médicale des pilotes de guerre français et britanniques entre 1914 et 1934. Les développements institutionnels et techniques de l’aviation militaire sont désormais bien connus et ont été enrichis par l’histoire culturelle qui a mis en évidence l’imaginaire mythifié du pilote de guerre. La participation des médecins à l’élaboration des caractéristiques physiques et mentales de cette profession est cependant demeurée dans l’ombre. L’histoire de la médecine en guerre et de la médecine militaire, notamment britannique, s’est pourtant saisie des aviateurs, mais uniquement du point de vue de la spécificité des troubles pouvant les affecter et des soins qu’on a pu leur apporter (Cobden, 2018 ; Collins, 2015 ; Teyssier, 1988). Or, faire l’histoire de la définition médicale de l’aviateur permet de relire à nouveaux frais la genèse d’une profession, le rôle et le pouvoir des experts médicaux et l’impact de la guerre sur les pratiques savantes.

« Pour que maman ne parte pas si loin » : Les familles des malades face à la politique de rationalisation des dépenses en psychiatrie (1945-1948)

Gaspard Bouhallier

A l’occasion de cette troisième rencontre du groupe de soutien URHN-SCHM, je souhaiterais présenter un article que je compte proposer à la revue Histoire, médecine et santé. Cet article se propose de traiter l’histoire d’une mobilisation sociale survenue dans l’ensemble des hôpitaux psychiatriques du département de la Seine entre les mois de février et d’avril 1948. Organisés par les syndicats du personnel secondaire et les familles des malades des « comités de défense » s’opposaient à un projet de suppression des hôpitaux psychiatriques de Moisselles et de Perray-Vaucluse, et dénonçaient, derrière lui, la politique de compression budgétaire du département. Selon les familles, les malades placés dans ces deux hôpitaux auraient ainsi été transférés dans des hôpitaux psychiatriques situés en province. Un éloignement contraint qui aurait empêché les familles de les visiter et de leur fournir un soutien moral. Pour les élus et le préfet, le projet apparaissait néanmoins comme nécessaire du fait de la « vacance » d’un grand nombre de lits dans les établissements psychiatriques. C’est, en ce sens, l’histoire d’une confrontation entre deux logiques antagonistes que je souhaite retracer : celle des autorités départementales et des élus qui doivent répondre à des impératifs budgétaires et sanitaires contraignants, et celle des familles et des infirmiers qui estiment nécessaire de préserver l’équipement hospitalier. Mon objectif est ainsi de montrer que la période d’après-guerre, souvent désignée dans l’historiographie de la psychiatrie comme une période révolutionnaire sur le plan des techniques thérapeutiques et des innovations institutionnelles (CTRS), est également un moment de crise et de tensions sociales. Pour ce faire je repose mon travail sur les sources produites par le département (Bulletin Municipal Officiel du Conseil Général de la Seine, dossiers des délibérations), sur la littérature médicale, ainsi que sur les lettres et pétitions produites par les soignants et les familles. Des documents qui mettent, à mon avis, en évidence la précarité économique des familles et la médiocrité des moyens techniques dont disposait le département pour répondre aux différents besoins socio-sanitaires.