(AàC) Congrès de l’ACHN/CAHN Congress CfP

Dans l’ombre de l’historiographie:

Pour une autre histoire des soins de santé

Appel à communications
Colloque annuel de l’ACHN
Université d’Ottawa
9 au 11 Juin 2022

L’histoire des soins de santé ne fut longtemps que la seule histoire des médecins, de leurs inventions et de leurs théories. Il fallut attendre les années 1970 pour qu’émerge une histoire de la santé s’ouvrant d’abord aux autres soignant.es, professionnelles ou non, puis aux malades, à leurs proches et enfin, au début du XXIe siècle, à tous celles et ceux que l’histoire avait oubliés. Ainsi, ce n’est que très récemment que nombre d’acteurs du soin ont acquis leur place légitime dans l’historiographie. Et le travail est encore loin d’être fini.

Nombreuses sont les femmes, les personnes racisées, les personnes autochtones, les soignant.es non orthodoxes, les personnes souffrant de troubles physiques ou psychiques et leurs proches à ne pas avoir trouvé leur juste place dans l’histoire des soins de santé. L’histoire du nursing est particulièrement représentative de ce retard historiographique. Longtemps centrée sur les grandes figures infirmières comme Jeanne Mance, Florence Nightingale, Mary Agnes Snively ou Léonie Chaptal, elle s’ouvre, depuis peu, tant à la critique de ces figures titulaires qu’à l’inclusion de tous les autres acteurs et actrices des soins infirmiers jusqu’alors ignorés, volontairement ou non.

C’est dans le cadre de ce renouveau historiographique, qui fait de l’histoire des soins infirmiers, mais aussi plus largement de l’histoire de la santé, un domaine de recherche plus inclusif et plus interdisciplinaire, que nous souhaitons inscrire ce nouveau colloque de l’Association canadienne pour l’histoire du nursing. Nous invitons pour ce faire toutes les chercheur.es s’intéressant, quelle que soit leur discipline d’origine, à l’histoire des soins de santé avec des regards inédits, depuis de terrains inexplorés ou avec des approches inattendues, à nous soumettre leur proposition de communications. Il s’agira ainsi de donner à voir ce renouveau de la recherche en histoire du nursing, et plus largement, en histoire de la santé, qui invite à explorer de nouvelles voies et à développer des nouvelles approches, de nouvelles méthodes, afin de faire entendre des voix jusqu’alors gardées sous silence.

Bref, nous souhaitons plonger, à l’occasion de cette rencontre qui se veut ouverte à l’interdisciplinarité, dans l’ombre de l’historiographie des soins de santé afin de rendre justice à celles et ceux qui ont, par le passé, contribué à la prise en charge, l’accompagnement, le rétablissement ou simplement le réconfort des personnes souffrantes ou vulnérables.

Les propositions de communications, composées d’un titre, d’un résumé de maximum 500 mots et d’une courte biographie du ou des auteurs.trices, sont à envoyer à nhru@uottawa.ca avant le 31 décembre 2021. Indiquez votre statut d’étudiant dans votre proposition de communication.

In the Shadow of Historiography:
Toward Another History of Healthcare

Call for Papers
Annual Meeting of CAHN
University of Ottawa
9th-11th June 2022

The history of healthcare was for a long time devoted only to the history of doctors and their inventions and theories. It was not until the 1970s that a history of health emerged that at first focused on other caregivers, professional or not, then on patients and others, and finally, at the beginning of the 21st century, it took in all the rest that had been forgotten.  Thus it is only recently that a number of actors in the healthcare field have taken their legitimate place in the historiography.  And the work is still far from being completed.

Many areas needing more investigation are those of women, racialized and indigenous peoples, non-orthodox caregivers, people suffering from physical or psychiatric ailments, and others who have not found their rightful place in the history of healthcare. The history of nursing is particularly representative of this gap in the historiography. Long centred on prominent figures in nursing such as Jeanne Mance, Florence Nightingale, Mary Agnes Snively or Léonie Chaptal, it is now opening up to critiquing these illustrious figures as well as including others in nursing who have until now been ignored, purposefully or not.

It is within this context of historiographic revitalization, which takes in the history of nursing but which also includes the wider history of health – an area of research that is itself more inclusive and interdisciplinary ‒ that we wish to call for submissions for the next annual meeting of the Canadian Association for the History of Nursing. We are inviting therefore all researchers, whatever their primary field of study, who are interested in a fresh look at the history of healthcare through exploring uncharted territory or using unexpected approaches, to submit a proposal. The aim is to support novel research in the history of nursing and the history of health more broadly by inviting the exploration and development of new avenues, approaches, and methods, as well as bringing to light the voices of those who have been silenced until now.

In short, at this meeting that is interdisciplinary and open to all, we hope to delve into the shadow of historiography of healthcare to bring justice to those who in the past have contributed so much to the support, health, or simply the comfort of the suffering and the vulnerable.

The proposals, which should contain a title, an abstract of a maximum of 500 words, and a short biography of the authors, should be submitted to nhru@uottawa.ca before 31 December 2021. Please indicate in your biography if you are a student.

Quelle place pour les femmes francophones dans l’histoire des savoirs infirmiers au Québec ?

Notre coordonnateur Alexandre Klein et de notre directrice Marie-Claude Thifault publient aujourd’hui, dans un numéro spécial des Cahiers François Viète consacré à l’histoire genrée des savoirs, un article sur la place des femmes francophones dans l’histoire des savoirs infirmiers au Québec étudiée à partir de l’exemple du nursing psychiatrique à Montréal. Vous trouverez ci-dessous un résumé de cet article ainsi qu’un lien pour y accéder:

ALEXANDRE KLEIN & MARIE-CLAUDE THIFAULTQuelle place pour les femmes francophones dans l’histoire des savoirs infirmiers au Québec ? L’exemple du nursing psychiatrique à Montréal (1912-1963)[Article]

Cet article entend démontrer le rôle central qu’ont joué les femmes francophones dans la construction et la transmission des savoirs psychiatriques au Québec entre 1912 et 1963. Pour ce faire, il suit le parcours d’une religieuse, sœur Augustine, directrice du nursing à l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu, le plus grand asile du Québec, et d’une garde-malade laïque, Charlotte Tassé, directrice propriétaire de l’Institut Albert-Prévost, une institution de soin et de formation psychiatriques située au nord de l’île de Montréal. Contre une historiographie psychiatrique, mais aussi féministe qui a renvoyé les infirmières et les hospitalières au rang de simples subalternes, cet article milite pour la reconnaissance et la réintégration de leurs apports dans l’histoire des savoirs au Québec.

Lancement de « Dérives »

L’Unité de recherche sur l’histoire du nursing de l’Université d’Ottawa, en partenariat avec le Centre d’histoire des régulations sociales, est heureuse de vous convier au

Lancement de

Dérives. Une histoire sensible des parcours psychiatriques en Ontario français     (PUO , 2021)

En présence des autrices Marie-Claude Thifault et Marie LeBel qui dialogueront avec Linda Cardinal (UOF), Dahlia Namian (UOttawa) et Julien Prud’homme (UQTR).

Le jeudi 18 novembre à 17h à l’UQAM

(salle A-6290) et sur Zoom

Inscription obligatoire

petit.kim@uqam.ca  

Le passeport vaccinal sera exigé

Les conflits infirmiers

L’Unité de recherche sur l’histoire du nursing organise un panel sur l’histoire des conflits infirmiers dans le cadre du congrès annuel de l’Institut d’Histoire de l’Amérique Française qui se déroule en ligne tout au long du mois d’octobre. Ce panel aura lieu sur Zoom le vendredi 29 octobre à partir de 15h (l’inscription se fait ici). Voici le programme des interventions :

SÉANCE 10 – Les conflits infirmiers, des événements trop longtemps négligés

Présidence : Marie-Claude Thifault, directrice de l’Unité de recherche sur l’histoire du nursing, Université d’Ottawa

Le Congrès international des infirmières de 1929 à Montréal, lieu d’un conflit oublié entre les gardes-malades canadiennes-françaises et leurs consœurs anglophones

Alexandre Klein, Hubert Larose-Dutil 

De conflit en conflit… pour une amélioration de la formation des infirmières

Evy Nazon, Sandra Harrisson 

Grèves des infirmières et crise de la reproduction sociale

Camille Robert

Recension de Dérives

L’ouvrage Dérives, publié récemment par notre directrice Marie-Claude Thifault et notre membre régulier Marie LeBel, vient de faire objet d’une première recension sur le site H-Madness.

L’auteur de la critique conclue ainsi son texte : « Instructive pour l’historien, tant par la rigueur de l’approche micro-historienne que pour les problématiques complexes qu’elle révèle, cette étude le sera également pour le non-initié curieux de découvrir au plus près la manière dont se construisent des vies en proie à la maladie mentale dans des sociétés en mutation. » Le reste est à lire ici.

La déficience intellectuelle au sein du discours médical canadien (1956–1972)

Hubert Larose-Dutil, membre étudiant de notre Unité, publiera dans le prochain numéro du Bulletin canadien d’histoire de la médecine un article intitulé « “ full and useful lives ” : La déficience intellectuelle au sein du discours médical canadien (1956–1972) ». Cet article, dont vous trouverez le résumé ci-dessous, est déjà accessible sur le site de la revue : https://www.utpjournals.press/doi/full/10.3138/cbmh.462-072020

Résumé de l’article : Les articles publiés entre 1956 et 1972 au sein du Canadian Medical Association Journal (CMAJ) et du Canadian Psychiatric Association Journal (CPAJ) témoignent d’un certain intérêt de la communauté médicale canadienne pour le retard mental au cours de cette période. Celle-ci se préoccupe tout particulièrement du poids économique que représente – d’après elle – le « retardé mental » et de la capacité de ce dernier à atteindre une autonomie suffisante pour être productif. Dans cet article, nous mettons en lumière l’ambition de disciplinarisation du retardé mental qui transparaît du corpus analysé. Nous analysons d’abord les propos tenus sur le diagnostic de retard mental, puis ceux portant sur les traitements, les soins et les services jugés pertinents. Enfin, nous examinons le discours véhiculé dans les deux revues sur les échecs de l’entreprise médicale d’autonomisation et de majoration économique du retardé mental.

Quatrième et dernière rencontre du groupe de soutien URHN-SCHM

Notre Unité s’est associée à la Société canadienne d’histoire de la médecine pour offrir un espace de rencontres et de discussion autour de projets de rédaction en cours aux étudiant‧e‧s diplômé‧e‧s et chercheur‧e‧s dont les travaux traitent de l’histoire de la médecine et de la santé.

La quatrième et dernière rencontre aura lieu le jeudi 3 juin prochain à 12h (EST) autour de deux présentations touchant à l’histoire de la santé entre Éros et Thanatos.

Pour obtenir le lien Zoom , écrire à nhru@uottawa.ca

Résumés des interventions :

Elle court, elle court… La maladie d’amour et ses symptômes dans les romans grecs de l’Antiquité.  

Valérie Bérubé

Le genre romanesque antique a longtemps été mis de côté par les chercheurs du fait de son sujet amoureux. Heureusement, le dynamisme des recherches récentes témoigne d’un engouement nouveau pour la prose narrative antique: en effet, depuis 1999, quinze colloques internationaux se sont tenus sur le sujet. Tout en s’inscrivant dans la recherche actuelle, notre étude a pour but d’apporter un regard neuf sur ces textes grâce au thème encore peu étudié qu’est la médecine. À l’occasion de cette rencontre, nous présenterons un sous-chapitre dédié à l’étude des symptômes de l’amour présents dans notre corpus. 

Lieux de quarantaine durant la Peste: lieux de charnier? 

Didier Crémadès

L’Histoire de la Peste continue de faire couler de l’encre comme nous avions pu le voir l’année dernière avec le triste anniversaire des 300 ans de la Peste à Marseille. Mais qu’en est-il de celle de 1629 ? On évoque souvent, en Provence, celle de 1347, mais celle du millésime 1629 n’intéresse guère. Aujourd’hui, le laboratoire CHIBEC et moi-même œuvrons pour ouvrir un Projet Commun de Recherche autour de cet événement. Nous nous intéressons tout particulièrement aux infirmeries et les lieux de quarantaine qui ont existé en Provence, et notamment à Signes dans le Var entre 1346 et 1720. À Signes, les délibérations communales nous apprennent en effet que l’Infirmerie, créée en 1587, a été réactivée en 1629 et qu’un quartier signois a été désigné pour y créer une zone de quarantaine, tel que l’Arrêt du Parlement de Provence du 17 juillet 1629 l’imposait. De nombreuses questions restent toutefois en suspens quant aux implantations des lieux de quarantaine (pour Signes, nous avons pu localiser avec certitude le quartier), au mode de mise en œuvre des quarantaines et à leurs utilités et utilisations. Dans cette communication, il sera notamment question de déterminer si ces lieux ont été aussi des charniers ou fosses pour les pestiférés. Leur topographie en faisait un lieu suffisamment en retrait ; les cimetières n’accueillaient principalement que des corps sains en temps de peste et nombre de fours à chaux ont été construits durant ces épidémies et à proximité de ces zones de quarantaine. En somme, ce sur quoi nous souhaitons échanger avec le groupe de travail URHN-SCHM est la relation entre la chaux et les pestiférés.