Nos carnets de recherche

Cette section est réservée aux étudiant‧es qui bénéficient de nos bourses d’initiation à la recherche. Iels peuvent y exposer les avancées de leurs recherches.



Stages d’initiation à la recherche – été 2025


Portraits des Augustines 

Severine Mukuzo Bisimwa  

Étudiante de quatrième année au baccalauréat en sciences infirmières à l’Université d’Ottawa  

Responsable du projet : Alexandre Klein

Introduction 

Ce projet de recherche vise à brosser le portrait de plusieurs religieuses augustines, dont les vies, les œuvres et les vocations ont profondément marqué l’histoire de la santé et des soins infirmiers au Québec. Pour réaliser ce travail, j’ai consulté divers documents, notamment des dossiers d’archives, des photographies, des ouvrages historiques ainsi que des entrevues en vidéo issues des Archives du Monastère des Augustines de Québec. Ces sources, obtenues à la collaboration active de l’archiviste Audrey Julien, m’ont permis de reconstruire non seulement des biographies détaillées, mais également de saisir la richesse spirituelle et humaine de ces femmes dont la foi et le dévouement ont façonné la profession infirmière. Leur engagement est ici présenté de manière narrative, dans le respect de l’authenticité et de l’originalité de chacune d’entre elles. 

Sœur Imelda Dallaire (Mère Marie-Joseph) 

Archives du Monastère des Augustines de Québec, HDC-F1-N1-14.1_116

Née Marie-Jeanne-Imelda Dallaire le 19 janvier 1902 dans la paroisse Saint-François-Xavier de Chicoutimi, Sœur Imelda est issue d’une famille nombreuse et profondément chrétienne. Ses parents, William Dallaire, commerçant respecté de la région, et Marie-Elise Gauthier, femme de foi et de courage, élèvent onze enfants dans un esprit de piété, de travail et de solidarité familiale. Dans ce foyer animé, la jeune Imelda découvre très tôt la valeur du don de soi et de la responsabilité, valeurs qui marqueront l’ensemble de son parcours. Elle est baptisée le jour même de sa naissance, ce qui, à l’époque, traduisait l’importance accordée à la vie spirituelle dès les premières heures d’existence.  
 Durant sa jeunesse, Imelda est pensionnaire chez les Ursulines de Roberval, où elle reçoit une formation académique solide et une éducation marquée par la discipline religieuse. Elle complète ensuite ses études à l’École ménagère et cultive un talent particulier pour la musique, discipline dans laquelle elle excelle. Son attrait pour l’étude, combiné à une foi ardente, l’oriente vers une vocation religieuse qu’elle discerne dès l’adolescence. Le 15 août 1922, elle franchit le seuil du monastère des Augustines de la Miséricorde de Jésus à Chicoutimi. Elle prend l’habit l’année suivante, en 1923, et reçoit le nom de Sœur Marie-Joseph.  
 
Très vite, ses supérieures reconnaissent en elle des aptitudes exceptionnelles pour l’administration et l’organisation. Après avoir enseigné à l’orphelinat de 1923 à 1926 et exercé comme hospitalière au département Saint-Antoine, elle est appelée à seconder l’économe du monastère, puis à assumer elle-même cette fonction de 1941 à 1963. À ce poste stratégique, elle déploie un sens remarquable de la gestion et une vision résolument tournée vers l’avenir. C’est sous son impulsion que l’Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicoutimi connaît une modernisation sans précédent : construction de trois ailes entre 1941 et 1945, ouverture en 1951 d’un pavillon des spécialités doté d’équipements à la fine pointe, fondation en 1952 des hôpitaux de Jonquière et de Dolbeau, puis création d’écoles d’infirmières et de centres de réadaptation. Elle recrute des spécialistes, favorise l’affiliation universitaire avec l’Université Laval et encourage l’adoption des meilleures pratiques hospitalières observées lors de ses voyages.  
 
Son leadership remarquable lui vaut l’admiration de ses contemporains. Le premier ministre Maurice Duplessis la surnomme « la plus grande businesswoman du Québec ». Elle est également reconnue par ses pairs pour son ouverture au progrès scientifique, son sens de l’analyse financière et son tact diplomatique. Ses qualités lui permettent de siéger dans plusieurs commissions et d’être associée à la fondation de l’École d’administration hospitalière en 1948.  
 
En 1964, répondant à l’appel missionnaire, Sœur Imelda quitte le Québec pour fonder et diriger l’Hôtel-Dieu de Tripoli, au Liban. Elle y déploie la même énergie et le même esprit d’organisation, contribuant à implanter un hôpital moderne dans un contexte culturel et social très différent. Elle demeure supérieure de la communauté missionnaire jusqu’en 1970, avant de revenir à Chicoutimi où elle se consacre à la prière, au service discret et à la musique liturgique.  
 
Sa carrière est couronnée par de nombreuses reconnaissances : Mérite scientifique Saguenay–Lac-Saint-Jean (1983), doctorat honoris causa de l’UQAC (1984), et nomination comme membre de l’Ordre du Canada (1984). Décédée le 13 octobre 1989, après 67 années de vie religieuse, elle laisse un héritage immense dans le domaine hospitalier et spirituel du Québec. 

Sœur Marie-Blanche Théberge (Sainte-Véronique) 

Archives du Monastère des Augustines de Québec, HDR-I-5.1.4_424_Soeur Blanche Théberge

Marie-Blanche Théberge voit le jour le 9 août 1906 à Saint-Évariste, dans le comté de Frontenac, au Québec. Elle est la troisième d’une fratrie de six enfants, née d’Alfred Théberge, contracteur de chantier, et d’Eugénie Demers, une femme énergique et généreuse qui cumule plusieurs rôles dans sa communauté : sage-femme, cuisinière, musicienne et visiteuse des malades. La famille déménage au Lac-Saint-Jean alors que Marie-Blanche n’a que deux ans et demi, s’installant à Rivière-au-Doré. Elle grandit ainsi dans un environnement profondément marqué par la foi chrétienne, l’entraide et le service. Cette atmosphère familiale, centrée sur l’accueil et le soin des autres, prépare déjà la voie à sa future vocation religieuse. 

À l’âge de dix-huit ans, après avoir consacré ses premières années de jeunesse à aider sa famille, elle ressent un appel pressant à la vie religieuse. Le 8 septembre 1928, elle entre au noviciat des Sœurs Hospitalières de Roberval. Elle prend l’habit en 1929 et prononce ses vœux temporaires en 1930, avant de s’engager définitivement trois ans plus tard par ses vœux perpétuels. C’est à ce moment qu’elle devient officiellement Sœur Sainte-Véronique, un nom qui reflète son désir de suivre le Christ dans une vie de service, de fidélité et de simplicité. 

Dès ses débuts, Sœur Sainte-Véronique se distingue par ses talents culinaires, hérités de sa mère. Elle consacre près d’un demi-siècle à nourrir la communauté et les malades de l’Hôtel-Dieu de Roberval. Sa cuisine ne se limite pas à une fonction domestique : elle devient un véritable ministère. Pour elle, préparer des repas est une façon concrète de manifester la miséricorde divine et de soutenir ceux qui souffrent. Elle compose avec soin ses plats pour offrir à la fois réconfort, force et santé, voyant dans son travail une dimension profondément spirituelle. Elle transmet également son savoir-faire, laissant derrière elle plusieurs livres de recettes qui témoignent de son ingéniosité et de son souci de qualité, notamment dans la pâtisserie, où elle excelle. 

En 1977, à l’âge de 71 ans, Sœur Sainte-Véronique quitte les cuisines pour occuper une nouvelle mission : elle devient réceptionniste au monastère. Ce rôle d’accueil s’inscrit dans la continuité de sa vocation : recevoir, écouter et accompagner. Elle ne se limite pas à un rôle administratif, mais profite de cette fonction pour visiter régulièrement les malades de l’hôpital et réconforter les personnes âgées. Sa tendresse, sa simplicité et son écoute attentive font d’elle une présence précieuse et rassurante auprès des plus vulnérables. 

En 1980, elle célèbre son jubilé d’or, marquant 50 années de vie religieuse. À cette occasion, elle confie à ses proches : « Quand Dieu donne un talent, il invite à un devoir ! Pour moi, ce fut un bien doux devoir de servir comme cuisinière. » Cette phrase résume parfaitement l’esprit de sa vocation : transformer les tâches ordinaires en actes de dévotion et en expressions concrètes de l’amour de Dieu. 

En novembre 1983, alors qu’elle entame une soirée de garde à la réception, elle est frappée par une vive douleur abdominale. Hospitalisée et opérée pour une thrombose mésentérique, elle s’éteint dix jours plus tard, le 14 novembre 1983, à l’âge de 77 ans. Ses funérailles sont célébrées dans la chapelle de l’hôpital de Roberval, en présence de nombreux proches, patients et membres de la communauté, tous reconnaissants pour sa vie donnée. 

Sœur Marie-Blanche Théberge incarne une figure de religieuse humble mais essentielle dans l’histoire hospitalière du Québec. Sa vie illustre que le soin ne réside pas uniquement dans la médecine ou les grands gestes spectaculaires, mais aussi dans les services simples, constants et dévoués, comme nourrir, accueillir, écouter et réconforter. Son héritage, fait de simplicité et de fidélité, continue d’inspirer en rappelant que l’amour de Dieu peut se manifester dans chaque geste quotidien, même le plus ordinaire, quand il est accompli avec dévouement et charité. 

Sœur Marie-Flore Gagné 

Archives du Monastère des Augustines de Québec, HDQ-F1-N4,1_117_1995

Le 20 octobre 1910, dans le village de Saint-Adrien de Ham, comté de Wolfe (aujourd’hui Richmond), naît Marie-Flore Gagné, onzième d’une famille de douze enfants. Issue d’un foyer rural, elle grandit dans une atmosphère de labeur et de piété. Très tôt, elle manifeste des aptitudes pour l’étude et la musique, poursuivant sa formation secondaire au couvent du Bon-Pasteur de Saint-Sylvestre, où elle obtient un brevet supérieur et un certificat de musique. Elle enseigne brièvement avant de répondre à l’appel religieux qui se fait de plus en plus insistant dans son cœur. 

Le 29 septembre 1929, elle entre chez les Augustines de la Miséricorde de Jésus à l’Hôtel-Dieu de Québec. Elle prend l’habit en 1930, fait profession temporaire en 1931, puis perpétuelle en 1934. Dès son noviciat, elle est attirée par le service des malades et par l’étude des sciences médicales. En 1936, elle obtient un diplôme d’infirmière de l’Université Laval, puis retourne aux études en 1943 et obtient un baccalauréat en sciences hospitalières en 1945. Déjà, son parcours révèle une religieuse alliant dévotion spirituelle et curiosité scientifique. 

Sa carrière prend un tournant majeur en 1946, lorsqu’elle fonde le service d’obstétrique de l’Hôtel-Dieu de Québec, puis, deux ans plus tard, rejoint le tout nouveau service de radiothérapie, une discipline encore balbutiante au Québec. Elle dirige ce service de 1948 à 1979, devenant une pionnière dans ce domaine. Elle obtient un certificat de technicienne en radiologie médicale (Ottawa, 1956), un fellowship en radiothérapie (1966) et un certificat en médecine nucléaire (Université Laval, 1967). Ces formations font d’elle une spécialiste hautement qualifiée, à la fois reconnue par ses pairs et respectée de ses patients. 

Outre son rôle hospitalier, Sœur Marie-Flore contribue à la formation de générations entières de professionnels. En 1958, elle fonde l’école de techniques en radiothérapie de l’Hôtel-Dieu de Québec. Elle coordonne ensuite les programmes de radiodiagnostic et de radiothérapie à l’Université Laval, avant d’enseigner au Cégep de Sainte-Foy. Elle publie plusieurs ouvrages et cahiers pédagogiques, ainsi que des articles scientifiques, dont certains sont primés par la médaille d’or Gavaert. Son livre L’évolution de la radiothérapie à l’Hôtel-Dieu de Québec (1995) demeure un ouvrage de référence sur l’histoire de la discipline au Québec. 

Sa carrière est couronnée en 1985 par l’attribution d’un doctorat honoris causa de l’Université Laval, reconnaissance de son apport exceptionnel aux sciences de la santé. Pourtant, au-delà de ses réalisations scientifiques, Sœur Marie-Flore reste une femme profondément spirituelle. Fidèle à la chorale du monastère pendant 50 ans, animatrice de groupes de prière, elle se voit avant tout comme une religieuse au service de Dieu, qui a mis sa science et ses compétences au service des malades. 

Elle s’éteint le 23 octobre 1997, à l’âge de 87 ans. Son héritage est double : scientifique et spirituel. Elle a contribué à établir la radiothérapie au Québec, sauvant des milliers de vies grâce à ses innovations, tout en témoignant d’une vie consacrée à Dieu et aux autres. Elle incarne la figure de la femme de science qui ne sépare jamais savoir médical et compassion spirituelle. 

Sœur Jeanne d’Arc Bouchard 

Archives du Monastère des Augustines de Québec, HDR-S1-A3,1_Soeur Jeanne d’Arc Bouchard_coqs_2012

Née le 21 janvier 1929 à Sainte-Hedwidge, dans une famille de seize enfants, Jeanne d’Arc Bouchard grandit dans un foyer marqué par la foi et la joie simple. Ses parents, Joseph-Georges Bouchard et Joséphine Paradis, lui transmettent le goût du travail, de la justice et de l’honnêteté. Fragile à la naissance, baptisée le jour même après avoir perdu connaissance trois fois durant la cérémonie, elle survit par ce qu’elle-même nommera plus tard « une grâce de Dieu ». Dès l’enfance, elle s’émerveille de la nature et confie, à l’âge de quatre ans : « C’est comme si le Seigneur m’avait offert un reflet de la beauté de l’au-delà. » (Girard, p.33). 

À 15 ans, elle entre au juvénat des Augustines. Elle avoue plus tard : « J’étais contente d’entrer en communauté… En communauté, je me sentais aimée. Je leur dois mon instruction. » (Girard, p.44). Elle complète ses études et devient infirmière, développant un style marqué par la droiture et la fermeté, mais toujours empreint de compassion : « Ma plus grande qualité, c’est la droiture. Si tu fonctionnes de travers, tu vas le savoir. » (Girard, p.30). 

En 1966, elle est appelée à s’occuper des personnes atteintes d’un trouble liée à la consommation d’alcool au département Saint-Antoine de l’Hôpital de Roberval. Formée aux États-Unis auprès des Alcooliques Anonymes, elle intègre leur spiritualité dans un programme thérapeutique adapté au Québec. Elle raconte avec humilité : « Ma vie est toute simple. J’ai humblement dit oui quand on m’a demandé si j’aimerais m’occuper des alcooliques. J’y ai reconnu l’appel de Dieu. » (Girard, p.9). 

Son travail porte rapidement des fruits. Elle devient un phare pour des milliers de patients qui trouvent en elle un appui solide et une oreille attentive. Sa collection de plus de 500 coqs, offerts par ses patients, naît d’une anecdote touchante : un jour un malade lui remet un coq en disant : « Tu diras à tes alcooliques de faire comme le coq le matin. Partir la tête haute au lieu de partir la tête entre les deux jambes. » (Girard, p.51). Ce symbole de résilience devient une marque de son apostolat. 

Sa reconnaissance dépasse bientôt le milieu hospitalier : elle est faite chevalier de l’Ordre national du Québec en 2000 et reçoit la Médaille de l’Ordre du Canada en 2008. Son héritage repose sur un programme thérapeutique qui a sauvé des milliers de vies et sur un témoignage de foi vivante. Elle confie encore : « Je ne juge ni ne condamne personne. Qui suis-je pour juger ? » (Girard, p.51). Cette humilité, alliée à son courage, fait d’elle une figure majeure de la réadaptation au Québec et un exemple inspirant d’amour inconditionnel. 

Sœur Simone Tremblay 

Archives du Monastère des Augustines de Québec – HDC-F1-N1-C1-3.1.2_291

Sœur Simone Tremblay naît le 17 septembre 1914 à Chicoutimi, aînée d’une famille de douze enfants. Vive et espiègle dans sa jeunesse, elle aime divertir ses frères et sœurs, tout en développant une passion pour la musique. Ses parents, Télesphore et Marie Tremblay, deux descendants de la grande famille Tremblay, lui offrent un piano qu’elle pratique avec sérieux pendant dix ans. Après un cours commercial bilingue, elle enseigne le piano et travaille comme secrétaire avant de répondre à l’appel de Dieu. En 1934, à l’âge de 19 ans, elle entre au postulat des Augustines hospitalières de Chicoutimi. 

Très vite, ses supérieures reconnaissent ses capacités intellectuelles. Elle fait partie du premier groupe d’infirmières de l’École des infirmières de Chicoutimi (1938-1941). En 1942, envoyée à l’Université de Montréal, elle entreprend des études en pharmacie et devient la première religieuse et la première femme pharmacienne diplômée du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elle se distingue par l’excellence de ses résultats, recevant la médaille d’or du Collège des pharmaciens et la médaille du Gouverneur général. 

De retour à Chicoutimi, elle fonde un service de pharmacie moderne à l’Hôtel-Dieu Saint-Vallier, supervisant des centaines de prescriptions par jour et enseignant la chimie et la pharmacologie aux infirmières. Elle participe à la fondation du Comité thérapeutique hospitalier et enseigne également à l’Université Laval. Pour elle, la collaboration interprofessionnelle était centrale dans la qualité des soins. Cette conception rejoint la vision de l’Ordre des pharmaciens du Québec, qui rappelle que « le pharmacien étant le spécialiste du médicament, il est l’un des professionnels les mieux placés pour réaliser la démarche d’optimisation » (Ordre des pharmaciens du Québec, 2017, p. 7).  Ce qui rejoint sa convection. En 1963, un incendie majeur détruit une grande partie de l’hôpital. Épuisée par les responsabilités, elle tombe malade et quitte la direction, mais poursuit néanmoins des études en théologie et en psychologie. Elle travaille ensuite au Cégep de Chicoutimi comme conseillère et aide psychologique, accompagnant les jeunes avec une écoute humaine et bienveillante. Elle s’engage également dans la pastorale sociale en fondant un service budgétaire pour aider les familles défavorisées. 

À partir de 1984, elle prend en charge la bibliothèque de la communauté pendant 25 ans et reprend l’orgue, renouant avec son amour de la musique. Elle s’éteint en 2010, à l’âge de 95 ans. 

Sœur Simone Tremblay incarne une pionnière dans le domaine de la pharmacie hospitalière, mais aussi une femme d’avant-garde qui a su conjuguer science, spiritualité et engagement social. Son héritage réside dans sa rigueur intellectuelle, son désir constant de servir et sa capacité à inspirer les générations futures. 

Conclusion 

La réalisation de ce projet de recherche a été à la fois enrichissante et formatrice. J’ai rencontré certaines difficultés, notamment pour interpréter certaines images anciennes, ce qui m’a conduite à innover en utilisant des outils numériques comme ChatGPT pour en éclairer le contexte et en extraire l’histoire cachée. Cette démarche, bien que nouvelle, m’a permis de mieux comprendre la profondeur de la mission des Augustines et l’importance de préserver leur mémoire. Comme étudiante en sciences infirmières, j’ai pris conscience du rôle déterminant de ces religieuses dans le développement de ma discipline, tant au niveau de l’innovation des soins que de la vision humaine et spirituelle du patient. Leur amour inconditionnel pour les malades, inspiré par l’amour de Dieu, fut le fondement de leur dévotion et de leur persévérance. Elles n’ont abandonné personne sur leur chemin, incarnant un modèle universel de compassion et de service. Je souhaite que ce travail permette à chacun de mieux apprécier l’apport immense de ces femmes dans l’histoire des sciences infirmières et dans l’évolution des soins de santé. 

Bibliographie et médiagraphie 

Archives des Augustines de la Miséricorde de Jésus, Québec et Chicoutimi. 

Documents iconographiques et photographiques fournis par les musées et centres d’archives régionaux. 

Girard, Diana. « La vie exceptionnelle de sœur Jeanne d’Arc, A.M.J.» Québec : Les Éditions GID, 2008. 

Ordre des pharmaciens du Québec. (2017). Dans l’optimisation de la thérapie médicamenteuse. Montréal : OPQ. 
https://www.opq.org/wp-content/uploads/2017/09/2781_38_fr-ca_0_int_aut_2017_vf.pdf  

Témoignages et entrevues vidéos conservées par le Monastère des Augustines. 


« Les Brunantes. Nos vieillesses » Création d’un documentaire sonore (balado) sur l’histoire de la vieillesse des femmes


Étudiante : Karelle Kakou
Responsable du projet : Sophie Richelle (Université d’Ottawa) et Émilie Malenfant (Université de Sherbrooke/Université du Québec à Montréal).


Au cours de l’été 2025, j’ai participé à une initiation à la recherche dans le cadre du projet « Les Brunantes. Nos vieillesses », dirigé par Sophie Richelle (Université d’Ottawa) et Émilie Malenfant (Université de Sherbrooke/Université du Québec à Montréal). Ce projet vise à créer un documentaire sonore (balado) explorant l’histoire de la vieillesse des femmes, en mettant en valeur leurs récits et en croisant des archives audiovisuelles avec des témoignages contemporains. L’objectif du projet est de retracer les différentes façons dont la vieillesse féminine a été représentée, vécue et racontée, en donnant la parole à celles qui ont souvent été invisibilisées.
Mon rôle s’est articulé autour de la recherche documentaire d’archives audiovisuelles et écrites, afin de constituer un corpus pertinent pour le balado. Si le temps l’avait permis, j’aurais également entrepris la retranscription des entretiens audio réalisés par Sophie Richelle et Emilie Malenfant auprès de femmes âgées.


Méthodologie
Mon processus de recherche dans le cadre du projet « Les Brunantes. Nos vieillesses » a reposé sur plusieurs étapes complémentaires, visant à constituer un corpus documentaire pour le balado.

Familiarisation et définition des mots-clés
J’ai commencé par me familiariser avec différentes bases de données d’archives, notamment l’INA (Institut national de l’audiovisuel, France) afin d’en ressortir trois thématiques à l’aide des mots-clés proposés par les responsables du projet.
● Corps, identité et vieillissement au féminin : vieillissement au féminin, ménopause, cheveux gris, femme mature, vieillesse et féminité, sagesse féminine.
● Santé, dépendance et fin de vie : santé des aînées, dépendance, Alzheimer, aide médicale à mourir (AMM), gériatrie, fin de vie féminine.
● Défis matériels et retraite au féminin : retraite des femmes, pauvreté des femmes âgées, sécurité de vieillesse, conditions matérielles des aînées.

Recherche documentaire et sélection des sources
Une fois les mots-clés catégorisés, j’ai effectué des recherches sur les plateformes suivantes : INA, Radio-Canada, YouTube et France 24, ainsi que sur des sources écrites comme Statistique Canada. J’ai visionné de nombreuses vidéos, souvent longues, et identifié les passages pertinents pour le sujet. Pour structurer cette information, j’ai créé des tableaux thématiques regroupant :
● les minutages précis
● les citations textuelles
● des résumés détaillés
● l’évaluation de la pertinence pour chaque thème


Résultats – Archives et sources par thème


THÈME 1 : Corps, identité et vieillissement au féminin
Mots-clé : rides, cheveux gris, ménopause , fatigue, traitement, vieille, sexualité.
J’ai étudié des archives et témoignages sur la ménopause, les changements physiques (rides, cheveux gris), les représentations sociales et la sagesse associée au vieillissement. Au contact de cette documentation, il m’a semblé qu’historiquement, le vieillissement a été médicalisé et occulté, tandis que les femmes exprimaient des vécus intimes liés à leur corps et à leur identité.

RéférenceRésuméCitations (minutages)
Institut national de l’audiovisuel. (1973). La ménopause : un tabou [Vidéo]. INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i24246670/la-menopause-un-tabouDans ce reportage, Monique, 50 ans, décrit la fatigue, la pression sociale et les craintes liées à la ménopause, soulignant la fragilité identitaire et le silence médiatique entourant cette étape. Son témoignage appelle à reconnaître l’expérience des femmes comme légitime et humaine.[00:40] « 50 ans, c’est dans le regard des autres.» – [00: 20] « […] la vie est plus difficile, nous sommes beaucoup moins courageuses pour faire beaucoup de chose  […] de bouger, de faire quelque chose » – [01:09] : « Je suis en pleine ménopause. J’ai une ménopause qui est très difficile  […] ça se passe très difficilement»
Institut national de l’audiovisuel. (1981). La femme à 50 ans [Vidéo]. INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caa8101582801/la-femme-a-50-ansDans ce reportage, Monique, 50 ans, décrit la fatigue, la pression sociale et la peur des traitements liés à la ménopause, exprimant la fragilité identitaire et l’importance de reconnaître la parole des femmes sur leur corps.[03:20] : « […] Il y a aussi cette apparition de bouffées de chaleurs qui sont aussi gênantes qu’ineshétique, qui remette en question la féminité de la femme et aussi la communication à autrui».   – [03:20] : « […] C’est comme si la ménopause leur faisait un petit peu peur, alors qu’il s’agit en réalité que d’une étape dont certaines ne s’aperçoive même pas […]»
Institut national de l’audiovisuel. (2015, 17 juin). Hormonothérapie et ménopause [Vidéo]. INA Éclaire l’Actu. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00000022/hormonotherapie-et-menopauseCe reportage présente deux femmes partageant une expérience positive de la ménopause, abordant sexualité, désir et rapport à soi. L’hormonothérapie est vue comme un soutien au bien-être, et le discours médical accompagne sans dominer. En centrant la parole féminine, il met en lumière la diversité des vécus et la continuité identitaire et sexuelle malgré le vieillissement.[00:50] : «Grâce à l’hormonothérapie, il n’y a aucun effet secondaire de la ménopause, donc pourquoi y en aurait-il sur le plan sexuel» »  
Landais, A. (2025, 8 juillet). Ménopause [Vidéo]. Ça va beaucoup mieux sur RTL. Dailymotion. https://www.dailymotion.com/video/x9midr2La vidéo MENOPAUSE (Dailymotion, 8 juillet 2025), présentée par Agathe Landais, traite de l’impact de la ménopause sur la vie professionnelle. Elle montre que les symptômes nuisent à la concentration et à la gestion du stress, tandis que 87 % des femmes ménopausées actives déclarent une baisse de performance, mais seulement 2 % reçoivent un suivi adapté. Le reportage souligne la persistance du tabou et le manque de reconnaissance du vécu féminin au travail.  [00:20] : « Le chiffre le plus frappant qui en ressort, c’est que 87% des femmes affirment que la ménopause les gêne dans leur contexte professionnel.»   – [02:45] : « Seuls 2% des femmes interrogées dans cette étude disent avoir eu un suivi au travail »   – [01:18 ] : « Une femme sur quatre dissimule ses symptômes au travail, car elle a peur d’être discriminée, peur tout simplement que cela nuise à sa carrière, résultat, 53% des femmes ménopausées ne parlent de ce qu’elles ressentent»

THÈME 2 : Santé, dépendance et fin de vie
Mots-clé : Santé, dépendance, gérontologie, Alzheimer Vulnérabilité, dépendance Aide médicale à mourir Maladies, douleurs , AMM.

Pour ce thème, j’ai choisi de regrouper les enjeux liés à la gériatrie, aux maladies dégénératives comme l’Alzheimer, à la vulnérabilité et à l’aide médicale à mourir (AMM). Mon objectif a été de montrer comment la vieillesse féminine se vit dans des situations de perte d’autonomie ou de souffrance chronique. J’ai retenu des témoignages comme celui de Sandra Demontigny, atteinte d’Alzheimer précoce, et celui de Nancy Ouimet, souffrant de douleurs chroniques invalidantes. Ces récits illustrent le droit revendiqué par certaines femmes à la dignité et à l’autonomie dans leur fin de vie.


RéférencesRésuméCitations (minutages)
Institut national de l’audiovisuel. (2008). Les aidants familiaux : exemple d’un couple en Seine-et-Marne [Vidéo]. INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/3772467001014/les-aidants-familiaux-exemple-d-un-couple-en-seine-et-marneCe reportage illustre la lourde charge des aidants à travers le témoignage d’un mari s’occupant de son épouse atteinte d’Alzheimer. Il confie : « On ne vit que pour eux », soulignant la tension entre amour, devoir et épuisement. La vidéo met en lumière la transformation de la relation conjugale, la vulnérabilité des femmes âgées et la charge invisible que représentent ces soins.[00:35] Journaliste: « Elle a perdu peu à peu la mémoire, l’élocution. Elle est devenue totalement dépendante de lui.»   – [00:43] Mari : « On ne vit que pour eux. Et il faut renoncer à la vie qu’on avait. »   – [02:25]Mari : «J’emmerde cette maladie car elle est toujours mienne et elle le restera jusqu’au bout. »
Plante, C. (2021, 19 mai). Sandra Demontigny livre un témoignage crève-cœur. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/sante/2021-05-19/commission-sur-l-aide-medicale-a-mourir/sandra-demontigny-livre-un-temoignage-creve-coeur.phpSandra Demontigny, 43 ans, atteinte d’Alzheimer précoce, témoigne devant la Commission spéciale sur l’AMM pour soutenir la légalisation des demandes anticipées. Elle y exprime sa crainte de perdre son identité et son souhait de mourir avec dignité, tout en soulignant le poids émotionnel et physique que sa maladie impose à ses proches. Son intervention donne une voix directe et humaine aux patientes rarement entendues dans ces débats.      [01:45 ]: «mais je pense qu’aujourd’hui, on est rendu plus loin que ça … on est rendu capable de mourir dans la dignité »   – [03:25] : « On attend vraiment un développement à ce niveau-là. Je vous demanderais que ce ne soit pas si long que ça, parce que les années filent. Pour moi, dans cinq, six ans, il va être trop tard »
Une résidente de Québec partage un témoignage émouvant avant de recevoir l’aide médicale à mourir. (2024, 13 octobre). Le Journal de Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2024/10/13/une-residente-de-quebec-partage-un-temoignage-emouvant-avant-de-recevoir-laide-medicale-a-mourirNancy Ouimet, 56 ans, souffrant de névralgie pudendale chronique, choisit l’aide médicale à mourir après de nombreux traitements inefficaces. Elle organise ses derniers instants entourée de ses proches, retrouvant un sentiment de paix et de contrôle. Son témoignage illustre la souffrance chronique souvent méconnue et l’autonomie retrouvée dans le choix de sa fin de vie.[00:36] : « Quand je l’ai dit, ça a été un soulagement pour moi. »   – [01:25] : « Jusqu’à prendre des médicaments tellement forts que j’étais devenue un zombie. »   – [01:43] : « 100 livres de moins sur les épaules. »   – [01:50 ]: «C’est moi qui organise mes funérailles, explique-t-elle. Je m’informe. Je choisis mon urne. »

THÈME 3  :  Défis matériels et retraite au féminin

Mots-clé : Retraite , Assistance-vieillesse, précarité, pension, outils et ressources d’information.

RéférencesRésuméCitations (minutage)
98.5 FM Québec. (2025). « La retraite, ce n’est pas facile pour moi » – Lise Watier [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/Rct1khLuNqgDans l’entrevue « La retraite, ce n’est pas facile pour moi » (98.5FM, 2025), Lise Watier raconte les difficultés de son passage à la retraite, marqué par le vide et la perte de routine. Elle souligne l’importance de l’indépendance financière et de rester active pour préserver dignité et équilibre personnel. [01:10 ] Lise Watier : « Je fais du bénévolat mais la retraite c’est pas facile pour moi. Ça n’a jamais été facile parce que je suis une personne dynamique j’aime me lever le matin avoir un objectif un but faire quelque chose alors c’est il faut que je me trouve toutes sortes d’activités. »   – [42:08] : « Je réalise avec le temps que la seule indépendance c’est l’indépendance financière […] quel que soit l’âge qu’on a »  
Minds. (2025, 24 mars). TÉMOIGNAGE : LE PASSAGE À LA RETRAITE [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/xfVBvUv9geMDans « Dominique – Le passage à la retraite » (YouTube, 2023), Dominique décrit les bouleversements de la retraite : après un début semblable à des vacances, elle cherche comment donner du sens à son temps. Elle insiste sur l’importance des liens sociaux, des routines et d’activités significatives pour traverser cette transition sereinement.[03:31] : « Est-ce qu’on peut se préparer au fait que d’un seul coup on a plus la même identité sociale d’un seul coup on a du temps alors qu’on en avait pas alors au début on se sent en vacances […] puis après on dit mais je fais quoi de ce temps. »  [06:16] : « Moi mais je vois personne je peux avoir passé trois jours sans avoir vu ni parler à personne et je me dis attention danger.»
FRANCE 24. (2025, 6 mars). Les femmes et la retraite : table ronde [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/rO1UMpNWOZQLors d’une table ronde sur FRANCE 24 (2025), plusieurs femmes racontent le manque de discussion et de préparation à la retraite pendant des décennies. Elles évoquent leur confusion face à l’opacité du système et soulignent que cette transition a souvent été subie plutôt que planifiée. [03:24] : « Ça moi ça ne m’intéressait pas ça ne me préoccupait pas je connaissais personne qui étaient à la retraite. On parlait pas en 62 63 64 68 on parlait pas de la retraite on a commencé à en parler après 68 je crois.»  [05:12] : «J’étais complètement dans le dans le brouillard pour savoir quel serait le montant de ma retraite et à l’époque […] les rendez-vous étaient très difficiles à obtenir donc bon ben on faisait confiance. »  
Mercier, H. (2019, 28 juin). Inégales devant la retraite. Gazette des femmes. https://gazettedesfemmes.ca/14947/inegales-devant-la-retraite/L’article Inégales devant la retraite (Gazette des femmes, 2019) souligne les écarts persistants entre pensions des femmes et des hommes, dus aux carrières interrompues, au temps partiel et au travail non rémunéré. Il insiste sur la nécessité de reconnaître économiquement le travail invisible et de mettre en place des mesures pour une retraite équitable. « Les femmes à la retraite ont toujours des revenus inférieurs de plus de 40 % à ceux des hommes ».   «[…] L’écart entre les revenus des femmes et des hommes dans les sociétés occidentales est deux fois plus important à la retraite (de 30 à 40 %) que pendant la vie active (de 10 à 20 %) »

Retours d’expérience et témoignage personnel
Au départ, ce projet représentait pour moi une incursion dans un univers peu familier : la recherche historique et archivistique dans le champ du nursing. Cela m’a permis de développer plusieurs compétences clés :
● maîtrise de la recherche ciblée dans des bases d’archives spécialisées (utilisation de mots-clés et filtres adaptés) ;
● synthèse de contenus variés dans des formats clairs et structurés ;

Ce projet m’a non seulement permis d’acquérir une rigueur méthodologique, mais aussi une sensibilité accrue aux réalités sociales et historiques des femmes âgées. J’ai renforcé mes compétences en organisation, notamment par la création de tableaux de suivi détaillés qui facilitent la consultation et la comparaison des sources.
Ma participation à ce projet m’a également fait réaliser que l’intérêt, pour moi, au-delà de la recherche et collecte de sources historiques, résidait surtout dans l’interprétation des documents à travers une perspective soignante auxquelles ces sources m’invitaient.

J’en retire la conviction que le nursing ne peut être pensé sans mémoire historique. Comprendre comment les femmes âgées ont été perçues et traitées dans le passé éclaire les défis contemporains et permet d’anticiper les besoins de soins avec une approche plus respectueuse, inclusive et informée.


Références
98.5 FM Québec. (2025). La retraite, ce n’est pas facile pour moi – Lise Watier [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/Rct1khLuNqg
FRANCE 24. (2025, 6 mars). Les femmes et la retraite : table ronde [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/rO1UMpNWOZQ
Institut national de l’audiovisuel. (1973). La ménopause : un tabou [Vidéo]. INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i24246670/la-menopause-un-tabou
Institut national de l’audiovisuel. (1981). La femme à 50 ans [Vidéo]. INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caa8101582801/la-femme-a-50-ans
Institut national de l’audiovisuel. (2008). Les aidants familiaux : exemple d’un couple en Seine-et-Marne [Vidéo]. INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/3772467001014/les-aidants-familiaux-exemple-d-un-couple-en-seine-et-marne
Institut national de l’audiovisuel. (2015, 17 juin). Hormonothérapie et ménopause [Vidéo]. INA Éclaire l’Actu. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00000022/hormonotherapie-et-menopause
Landais, A. (2025, 8 juillet). Ménopause [Vidéo]. Ça va beaucoup mieux sur RTL. Dailymotion. https://www.dailymotion.com/video/x9midr2
Mercier, H. (2019, 28 juin). Inégales devant la retraite. Gazette des femmes. https://gazettedesfemmes.ca/14947/inegales-devant-la-retraite/
Minds. (2025, 24 mars). Témoignage : le passage à la retraite – Dominique [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/xfVBvUv9geM
Plante, C. (2021, 19 mai). Sandra Demontigny livre un témoignage crève-cœur. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/sante/2021-05-19/commission-sur-l-aide-medicale-a-mourir/sandra-demontigny-livre-un-temoignage-creve-coeur.php
Une résidente de Québec partage un témoignage émouvant avant de recevoir l’aide médicale à mourir. (2024, 13 octobre). Le Journal de Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2024/10/13/une-residente-de-quebec-partage-un-temoignage-emouvant-avant-de-recevoir-laide-medicale-a-mourir


Searching for Rivka: Imagination and Psychiatric Case Files

Sarah Sbeiti

Supervised by: Kira A. Smith

Introduction

As part of the research bursary from the Nursing History Research Unit, I immersed myself in the lost experiences of fourteen-year-old Rivka. In 1929, she was admitted to the Toronto Insane Asylum institution. In learning more about her, I wanted to reaffirm her humanity in the context of archival documents that told her story through the detached language of others, but never in her own words.

By imagining the life of Rivka, a young girl confined to a psychiatric institution in the early 20th century, my work calls attention to the absences and erasures that shapes psychiatric history. Its purpose is not only to honour those whose voices were left absent, but also, to prompt reflection on present-day mental health care. History serves as a reminder of the importance of patient perspectives and the need to approach treatment and care from a place of dignity, empathy, and justice. Patients need to be seen as whole human beings, not only as diagnoses.

Caption: This image is from the Baldwin Collection of Canadian and captures the Toronto Asylum in 1910. Courtesy of the Toronto Library Digital Archive.

Image Description: A sepia image of a four-story brick building. The foreground has grass and a paved pathway. A tree on the left and right side of the image frames the entrance to the Toronto Asylum. There are staircases leading to the second floor of the building, which has evenly spaced windows and a dome near the centre.

To create this story, I first accessed Rivka’s case file. In order to protect anonymity, Rivka is a pseudonym, and I reframed her experiences through a narrative lens. The process involved carefully reading the medical notes and identifying key details about her admission, diagnoses, treatments, and discharge. From there, I constructed a possible life story that blended historical facts with empathetic imagination. This methodology is based off Kira A. Smith’s blended writing approach to children’s experiences in Canadian asylums. I selected fragments from the file and imagined what Rivka’s life might have been, creating a narrative that captures both her suffering and resilience.

Notably, the file contained no direct input from Rivka herself, no personal writings, no letters, and no drawings. Every piece of information came from the perspective of others: doctors and nurses who described her in the language of pathology. This lack of her own perspective revealed the silencing power of documentation in psychiatric institutions. In building Rivka’s story, I wanted to underline how patients’ perspectives were not only absent but actively erased, replaced by clinical terminology and labels that often carried a sentence of incurability.

The conversations that emerged from this process were internal ones between myself, the historical record, and the absences. I asked: what might Rivka have wanted to say? How would she have described her own experiences of school, family, and confinement? What hopes and fears did she carry that never made it onto paper? In attempting to answer these questions, I used the file not as an end point, but as a framework to imagine Rivka’s experience.

The Girl They Could Not Hear

Rivka sat on the wooden bench outside the admission office, her knees pulled to her chest, her dark hair falling over her eyes. She pressed her right palm against her hot face so no one could see her cheeks flush pink.

Inside, her mother and father spoke in a low, urgent voices to the admitting doctor. She wished for her brother instead of her parents, but he was out of the country, visiting their older brother in Chicago. Every so often, she could hear her name, Rivka, said sharply, but she was used to it. It was the same process that would take place every time at every admission. However this time was different, she was not at the Orillia Hospital, she was at the Toronto Asylum, the one where people were rumoured to go, but never leave.

She was fourteen, though she told the nurses she was sixteen. Being older made her feel safer, somehow, like maybe they would listen to her if she was sixteen, maybe they would understand that she had not gone mad, maybe they would see that her issues were not all in her head; maybe for once, just maybe, someone other than her brother would listen to her.

But no one ever did. No one else understood what tormented her.

When Rivka was very small, she loved school. She loved the rows of desks, the feel of pencil on paper, the smell of books stacked in the corner, but above all she loved when her teacher would talk about music and all the different scales you could play on a piano. At home, she had saved every penny her father gave her for errands, hiding the coins in a tin box under her bed until, piece by piece, she bought a second-hand piano. She would wait for the house to grow quiet; her mother at the Jewish theatre, her father hauling crates down Spadina, her brother away at work; and then she would practice playing the partitions her teacher had given her. She dreamed of becoming a pianist one day, just like Anton Rubinstein. Rivka excelled in her early classes, bringing home excellent report cards that made her parents full of pride. For a while, those papers meant everything: proof that she was clever, worthy, and good.

As she grew older, the same classroom that once felt like she belonged began to turn on her. The teacher she loved, left her school to teach in another city. The other girls started noticing that her clothes were a little looser to hide her fuller shape, brought on by her transition to womanhood, that she couldn’t seem to get rid of. They whispered words like ugly jew and fat under their breath when she bent over her desk. They giggled when she walked by, pulling her braid or pinching the skin at her waist. Rivka, who used to be the first at the door in the morning waiting to go to school, now dreaded the place where she would be mocked for hours on end. As the year crept on, the girls grew bolder. Rivka found cruel notes folded in her desk calling her pig or whale. Outside at recess, they made sure she heard their laughter echo across the yard, their fingers pointing so everyone else would join in. Rivka could not go a day without being ridiculed by her whole class, and all that because she was heavier than the other girls.

Rivka began to cry more than she learned. She hid her face in her sleeves so they would not see her tears, she would leave class to stay hidden in the corner of the bathroom, and she would yell at passersby to stop looking at her. Her teachers said she was making trouble, that she was too quiet in class, too disruptive in the hallways, and too weepy for a girl her age. They told her parents she must be corrected before she caused more problems for the class. At home, Rivka would crawl into bed and bury her face in her pillow. Her mother scolded her to stop crying so much, but her older brother listened. He did not say much, but his hand on her shoulder told her he understood when no one else did.

Rivka’s parents tried changing schools, hoping maybe a new classroom would fix her. But from Ryerson, to Orde School, then back at Ryerson, the story was always the same. After seeing her behaviour deteriorate and their daughter that was once 120 pounds now 60, her parents, against their son’s disagreement, brought Rivka to the Orillia hospital where she was said to be feebleminded.

Originating from the Latin word ‘felibilis,’ the term “feeble-minded’’ was widely used across Canada, the United States and Europe starting in the late 19th century. The broad category captured individuals who fell into classes of social and moral ‘degeneracy’ under the eugenic movement. This movement, which shaped many Canadian policies, sought to use science to improve the national health. Eugenics was built on racist pseudoscience that saw certain individuals as carriers of desirable traits and others with undesirable traits. As a result, it brought together medical, philosophical, and political ideas, which affected the lives of many children. Feeblemindedness was expansive and grew with the development of standardized testing in schools.

Compulsory schooling opened the door to consistent inspection of children, and Intelligence Quotient (IQ) tests provided a guideline to identify subnormal children. Based on the different results from the IQ tests, patients would be classified either as idiots, imbeciles or feeble minded. Mental degeneracy was considered incurable and treatment favoured institutionalization and segregation, which serve as a form of passive eugenics. Institutionalization would ensure individuals did not reproduce. In certain provinces, sterilization was formally practiced.

During her time at the Orillia hospital, Rivka would be woken up at 6 am every morning and forced to the institution’s school. She would cling to her blankets when the nurses came for her, screaming that she did not want to go. Some days she hid under her bed or in the corner, sobbing so hard the whole floor could hear her. She was certain the other children were looking at her, whispering, giggling, studying every part of her that felt too big or too wrong.

If a nurse or teacher brushed her shoulder, she would flinch and yell, convinced they were mocking her too. With each outburst they called her more and more unmanageable.

The doctors then said she was too difficult for Orillia, too hard to control, and not suitable for that institution. That was how she ended up on that bench, at the admission office of the Toronto Insane Asylum. That was the story no one understood.

Admission to Ward 11, March 1929

The doctors settled on a diagnosis that obscured Rivka’s perspective. Catatonic dementia praecox with a not good prognosis. They also failed to hear Rivka, noting the etiology as uncertain. She was placed on Ward 11.

The diagnosis of dementia praecox emerged in European psychiatry and was introduced into Canadian asylums soon after. First popularized by the German psychiatrist Emil Kraepelin in 1893, the term literally meant a “premature decline of the mind.” Originally, it was described simply as a “loss of mind.” Patients were described as showing a gradual collapse of emotional life and will.

Within Canadian institutions, this label carried a heavy weight, once applied, it often meant the patient was seen as incurable, fit only for long-term confinement. There were no cures, only efforts to manage the symptoms. For Rivka, the label catatonic dementia praecox meant that rather than being understood as a young girl responding to bullying and trauma, she was interpreted through the narrow lens of psychiatry. Her withdrawal, her silences, her habits of hiding and crying were taken as symptoms of inevitable deterioration. Inside Ward 11, this meant she was not seen as someone who might heal.

Even though four physicians had agreed on a diagnosis, Rivka knew exactly why all this was happening. It was because of the girls at school, the whispers, the notes, the way they called her ugly until she believed it in her bones. But Rivka also knew no one here would ever listen.

So she hid. Every day she curled into herself in her small room, drifting between shallow sleep and long periods of quiet crying. There was no school here, no pencils, no books, no piano. There was nothing for Rivka to look forward to. People with her diagnosis were not sent here to be cured. They were here to be kept.

When the other girls from the ward passed by her door, Rivka could feel their eyes on her, every glance like the old classroom stares she could not get out of her head. Sometimes she would snap, shouting vile words at them until they ran off. Other times she pressed her hands under the cold water from the sink, scrubbing and scrubbing, trying to wash away whatever part of her made her different from the others.

She hated the bland English food they served on tin plates and would refuse it most days. She counted the days to the one Sunday each month when her mother would come with a little container filled with borscht. The smell of beet and beef reminded her of what life was before being locked behind those doors. At the same time, her mother would hand over twenty dollars to the physician, four weeks’ worth of payment, five dollars for each week her daughter stayed locked behind the asylum’s door.

In asylums, overcrowding was common and many patients ranging from kids to adults would be crammed together in dormitories. Rivka, being a paying patient was afforded a private room. In many institutions, payment shaped the kind of care a patient received, not only for private rooms, but also the quality of the food and the treatment plan. Families who could afford the fees, were charged to keep their relatives in better conditions. For Rivka, this meant she drew more direct attention from physicians, though that attention did not always translate into positive outcomes.

The main treatment she received was dry pack hydrotherapy. Originating from practices in European and North American psychiatric institutions, dry pack hydrotherapy became a practiced therapy in the late nineteenth and early twentieth centuries. The procedure involved tightly wrapping patients in wet towels or sheets, sometimes cold but often warm, for hours at a time, and occasionally up to a full day. While physicians claimed the treatment calmed agitation by slowing circulation and quieting the mind, historians note that cold applications were frequently used more as a punitive measure than therapeutic.

Caption: This photo was taken in the basement of St. Elizabeth’s Hospital in Washington, D.C in the 1880s and shows several patients in dry packs. Courtesy of the National Archives.

Image Description: A large basement room with white painted brick and concrete floors. On the right side of the image, there are several patients lined up on beds who are wrapped in dry packs. Their faces are covered with a towel, and their head rests on a pillow. One nurse stands in the middle of the row of patients and another at the far end.

In practice, dry packs functioned primarily as restraints, immobilizing patients and denying them basic bodily autonomy. Many individuals endured extreme discomfort, distress, and even physical harm, yet these methods were framed as modern and humane alternatives to mechanical devices. Hydrotherapy thus reflected how medical authority and institutional practice combined to control and dominate patients, often prioritizing order over care, and shaping the daily experiences of those confined to asylums in ways that were psychologically and physically damaging.

The more the days dragged on, the more Rivka began to see there was only one way out: she had to show them she was not insane after all. So, she forced herself up from her bed and completed each chore that was assigned to her. If it was folding linens at the nurse’s desk or sweeping the hall, Rivka would complete the tasks without complaining. Expecting Rivka to complete chores was a gendered expectation of her return to sanity. She realized this by observing the people around her. Rivka still flinched at footsteps and hid from strangers, convinced they were whispering about her face and her body, but when the staff asked, she did what she could to look normal.

In her chart they wrote that she was helping with the work and conducting herself much better. But beneath it all, Rivka still pulled her hair down over her eyes when people would walk by, still certain that someone was watching, waiting to laugh at her.

Discharged, September 17th, 1929

In June, her brother came back from Chicago. When he learned about Rivka’s admission, he immediately acted. He spoke with the doctor in the hallway, hat in hand, voice steady but pleading. He promised she would be good at home, quiet this time. If her brother had not come and convinced the doctors, she knew she would have stayed behind those locked doors forever. The doctor signed a probation period for her to go home for three months. She had three months to convince her parents she was normal again. If she slipped again, or if she grew worse, they would bring her back. They always did. But this time Rivka was determined.

At home, during those three months, she forced herself to be good, going back was not an option for her. She did not yell anymore when her mother would look at her. She did not slam doors, or curse when her sister asked her to sit at the dinner table with everyone. She stayed quiet, pushed her food to the side of the plate to hide how much she was not eating, swept the floors twice a day, and cleared the dishes in the kitchen right after supper. At night, when the house was finally dark and everyone was asleep, she would lay awake and let the tears come, muffled sobs pressed into her pillow so no one would hear and send her back to the Toronto Insane Asylum. The same fear stayed engraved in her mind, and even at home she still felt eyes on her; people watching, whispering, laughing when she turned her back. She just learned how to hide it better. But inside, she only felt worse.

When September came, Rivka was not sent back to the ward. The physician updated her file with a single word: improved.

Everyone believed it. But did she? At home, the piano still waited in the corner, silent.

Conclusion

Through this project, I came to understand the power and weight of documentation in shaping a life. A patient file, while appearing factual and objective, is never neutral, it reflects the values, and biases of those who wrote it. Case files also reflected the contemporary political and social contexts. For Rivka, her case file revealed how easily a young girl’s suffering could be reframed as illness, how her individuality could be lost beneath medical categories, and how her own experiences could be erased from her history.

Although Rivka was eventually discharged and left the asylum, her treatment was harsh and dehumanizing. Her departure from the asylum is owed greatly to the involvement of her brother who successfully negotiated her release. Many children remained in the Toronto Asylum without hope of leaving.

Further, an imaginative approach to Rivka’s case file gave me a deeper sense of empathy and pressed upon me the urgency of seeing patients beyond their diagnosis. This is particularly important in our current context with the growing need for better mental health services and addictions care. Remembering Rivka, and others whose humanity was overlooked, serves both as an act of honouring the lives lost, and as a commitment to shaping a psychiatric practice that listens, respects, and recognizes the entirety of those living with mental illness.

Bibliography

Coleborne, C. (2015). Insanity, identity, and empire: Immigrants and institutional Confinement in Australia and New Zealand, 1879–1910. Manchester University Press.

Cox, S. C., Hocking, C., & Payne, D. (2019). Showers: From a violent treatment to an agent of cleansing. History of Psychiatry, 30(1), 58–76. https://doi.org/10.1177/0957154X18805309

Dyck, E. (2013). Facing eugenics: Reproduction, sterilization, and the politics of choice. University of Toronto Press.

Dyck, E., & Deighton, A. (2017). Managing madness: Weyburn Mental Hospital and the transformation of psychiatric care in Canada. University of Manitoba Press.

Ellis, J. (2019). A class by themselves?: The origins of special education in Toronto and beyond. University of Toronto Press.

Fennell, P. (1996). Treatment without consent: Law, psychiatry and the treatment of mentally disordered people since 1845. Routledge.

Kendler, K. S. (2019). The genealogy of dementia praecox I: Signs and symptoms of delusional psychoses from 1880 to 1900. Schizophrenia Bulletin, 45(2), 237–248.

McLaren, A. (1990). Our own master race: Eugenics in Canada, 1885–1945. University of Toronto Press.

Mitchinson, W. (2018). Fighting fat: Canada, 1920–1980. University of Toronto Press.

MacMurchy, H. (1912). Feeble-minded in Ontario: seventh report for the year 1912. L. K. Cameron. Accessed: https://archive.org/details/feeblemindedinon1912onta/page/2/mode/2up.

Reaume, G. (2000). Remembrance of patients past: Life at the Toronto Hospital for the insane, 1870–1940. University of Toronto Press.

Smith, K. A. (2022). Using fiction to tell mad stories: A journey into historical imagination and empathy. Rethinking History, 26(3), 299–321.

Smith, K. A. (2024). Mad children: Stories of youth in Canadian insane asylums, 1880–1930. [Doctoral dissertation, York University].

Smith, K. A. Colonial archives and blended writing: The experiences of Indigenous children in British Columbian asylums, 1880–1930. Unpublished manuscript.

Smith, M. (2024). The art of medicine: A history of hydrotherapy and mental health. The Lancet, 404(10465), 1804–1805.

Trent, J. W., Jr. (1994). Inventing the feeble mind: A history of mental retardation in the United States. University of California Press.

Warsh, C. K. (1989). Moments of unreason: The practice of Canadian psychiatry and the Homewood Retreat, 1883–1923. McGill–Queen’s University Press.

Xavier, R. M., Britt, A. M., Reardon, B., & George, W. T. (2024). A Retrospective Analysis of Early 20th Century Asylum Records of Patients with Dementia Praecox. Issues in mental health nursing, 45(4), 371–378.


Héros méconnus : le vécu des infirmiers gais durant la pandémie du VIH/SIDA, entre 1981 et 1998

Responsables du projet et du stage: Carl Jacob, PhD et Sandra Harrisson, PhD

Étudiante: Aniella Mutoni, étudiante en 4e année en sciences infirmières

Étudiant: Jaquan Erysthee étudiant en 3e année en sciences infirmières

Bourses

Le présent projet de recherche est l’un des projets faisant partie des quatre bourses d’initiation à la recherche offertes par l’Unité de Recherche sur l’histoire du Nursing de  l’Université d’Ottawa. un Un stage de quatre semaines est offert aux étudiant.es en nursing afin de leur permettre de se familiariser avec les rudiments de la recherche scientifique.

Projet de recherche

Le présent projet de recherche fait partie d’un continuum, soit, une recherche, réalisée en 2012, auprès de six médecins gais œuvrant auprès de patients vivant avec le VIH/sida, suivi d’une recherche, réalisée entre 2023 et 2025, auprès de huit infirmiers gais œuvrant auprès des mêmes patients, lors de la pandémie du VIH/Sida, soit entre 1981 et 1998. Cette période, marquée par une grande incertitude avant l’arrivée des antirétroviraux, a profondément affecté les relations des médecins et des infirmiers gais avec leurs patients, leurs réseaux et leur profession.

En 2023, les deux étudiantes en nursing ont appris à effectuer la recherche de littérature en utilisant les bases de données, lire deux livres sur l’histoire de deux infirmiers gais soignant des patients vivant avec le VI/sida, préparer et effectuer une présentation scientifique sur leur stage d’été et préparer un blog.

Lors du deuxième stage, en 2024, les deux étudiantes en nursing ont appris à préparer une affiche afin de recruter des participants à la recherche, effectuer le recrutement de candidats via les réseaux sociaux, préparer et réaliser un entretien semi-dirigé, créer le verbatim de l’entretien, présenter les thématiques soulevées lors de l’entretien, ainsi que préparer un blog.

En 2025, lors du troisième stage, nous avons révisé et analysé la transcription du verbatim de deux entretiens non-dirigé, participer à l’analyse du verbatim d’un participant à la recherche en équipe et en utilisant le logiciel NVivo et analysé deux articles scientifiques.

Apprentissages/Tâches

Révision et analyse d’une transcription d’entretien – Pour ce faire, nous avons chacun révisé la transcription intégrale d’un entretien non-dirigé, puis nous avons effectué leur analyse qualitative à l’aide d’un CodeBook élaboré spécifiquement pour le projet.

Analyse d’un entretien d’un participant – En plus de notre travail individuel, nous avons, avec l’aide précieuse des professeurs Carl GA Jacob, Daniel Lagacé-Roy et Sandra Harrisson, procédé collectivement à l’analyse approfondie d’un entretien d’un participant à la recherche. Cette collaboration en équipe nous a permis de développer une nouvelle compétence en recherche, soit celle de décortiquer finement un témoignage tout en respectant son intégrité. L’utilisation du Codebook s’est révélée particulièrement aidante, car elle nous a permis d’identifier avec rigueur les grands thèmes abordés par les participants, tout en encourageant des discussions riches et nuancées au sein de l’équipe.

Chaque extrait a été analysé selon des thèmes récurrents tels que la peur, la stigmatisation, le deuil, la résilience ou encore l’éthique du soin. Le Codebook, comprenant plus d’une centaine de codes, nous a permis d’organiser de façon rigoureuse les propos recueillis.

Articles scientifiques analysés – Dans le cadre de notre stage, nous avons également analysé deux articles scientifiques en lien avec le projet de recherche, afin de mieux contextualiser les réalités vécues par les soignant.es pendant la pandémie du VIH/Sida.

Aniella Mutoni: J’ai lu l’article de Deborah Witt Sherman (2000), « AIDS-dedicated nurses? What can be learned for their perceptions and experiences? ». À travers des entrevues semi-dirigées avec dix infirmières ayant soigné des personnes vivant avec le VIH/sida, l’auteure explore leur dévouement, les défis émotionnels, ainsi que la transformation personnelle et professionnelle que ces femmes ont vécue dans un contexte de stigmatisation et de peur.

J’ai trouvé l’article profondément humain, car il met en lumière le sentiment d’appel ou de mission ressenti par plusieurs infirmières, un aspect qui m’a personnellement touchée. Bien que l’étude ne porte pas directement sur les hommes gais, elle éclaire le climat de soins de l’époque, ce qui en fait une lecture très pertinente pour notre projet. L’article m’a aussi amenée à réfléchir à l’importance de soutenir les soignants sur le plan émotionnel, pour leur permettre d’offrir des soins empreints de compassion à des populations souvent marginalisées.

Jaquan Erysthee : L’article de Thomas Harding, « The construction of men who are nurses as gay », explore de manière nuancée et critique la manière dont les stéréotypes de genre, notamment l’association entre soins infirmiers et homosexualité chez les hommes, sont socialement construits et perpétués. En s’appuyant sur une approche qualitative ancrée dans la théorie de la masculinité hégémonique et la théorie queer, Harding souligne les répercussions concrètes de ces discours sur la vie professionnelle et personnelle de dix-huit hommes infirmiers en Nouvelle-Zélande.

Cet article offre une analyse pertinente et éclairante des stéréotypes de genre dans le domaine infirmier, en exposant des enjeux souvent invisibilisés. L’utilisation de cadres théoriques solides comme la théorie de la masculinité hégémonique et la théorie queer enrichit la compréhension des dynamiques identitaires vécues par les hommes infirmiers. La richesse des témoignages et l’approche qualitative rigoureuse permettent de saisir la complexité des expériences individuelles face à l’homophobie et aux normes de genre dominantes.

Le principal défi

L’un des principaux défis rencontrés cette année fut le processus d’analyse lui-même : analyser notre propre verbatim représentait un défi méthodologique et émotionnel important. Il fallait parvenir à adopter un regard analytique sans dénaturer la voix de la personne interrogée. Ces conversations analytiques ont toutefois donné lieu à des discussions riches et formatrices, approfondissant notre compréhension des récits et du contexte historique. Ces échanges ont également été aidants pour notre formation en tant que futures infirmier.ères stagiaires.

Témoignages

Aniella Mutoni: Cette deuxième expérience de recherche a été l’occasion de plonger plus en profondeur dans l’analyse qualitative. J’ai travaillé sur la transcription d’un entretien, son codage à l’aide du codebook, et j’ai participé à plusieurs séances collectives d’analyse avec l’équipe. Les séances d’analyse avec Jaquan, Carl, Daniel et Sandra ont été particulièrement enrichissantes. Trouver le bon code pour chaque extrait a souvent suscité des discussions animées et profondes, ce qui nous a permis de mieux cerner les thèmes émergents et d’affiner nos compétences en recherche. Ce stage m’a permis non seulement de développer mes capacités d’analyse, mais aussi de mieux comprendre la portée historique et humaine du travail infirmier, surtout en contexte de marginalisation. Je repars de cette expérience avec un grand respect pour les récits recueillis, et une motivation renouvelée à poursuivre une carrière en soins ancrée dans la mémoire, l’écoute et l’empathie.

Jaquan Erysthee: Ce stage a marqué ma toute première expérience de recherche, une aventure intellectuelle et humaine que je n’oublierai pas. Pendant quelques semaines, j’ai eu la chance de travailler avec une équipe formidable composée d’Aniella, Carl, Daniel et Sandra. Ensemble, nous avons analysé des verbatim avec rigueur, ouverture et respect, développant une collaboration fondée sur l’écoute et l’adaptation. Le sujet, aussi poignant que peu connu, portait sur les infirmiers homosexuels et leur rôle durant la pandémie du VIH/sida. Comme le titre du projet l’indique, ces professionnels de la santé ont longtemps été laissés dans l’ombre. Découvrir leurs témoignages et leur vécu m’a profondément marqué et ouvert les yeux sur des réalités dont je n’aurais jamais pris conscience autrement. Ce stage m’a permis d’aiguiser mon regard critique, d’enrichir ma sensibilité sociale, et surtout, de réfléchir au rôle que nous, infirmières et infirmiers, pouvons jouer auprès des communautés vulnérables en contexte de crise sanitaire. C’est avec une perspective renouvelée que je poursuis mon parcours en sciences infirmières fort de cette immersion dans un moment trop souvent oublié de notre histoire collective.

Remerciements

Nous tenons à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui ont aidé à la réalisation de ce stage de recherche, soit : Marie-Claude Thifault, Alexandre Klein, Carl Jacob, Sandra Harrisson et Daniel Lagacé-Roy. Votre accompagnement nous a permis d’apprendre, de grandir et de mieux comprendre les multiples dimensions de la recherche scientifique en sciences infirmières.


Stages 2024


Projet de recherche : L’expérience des infirmiers gais (mâles) pendant la pandémie du VIH/Sida

Responsables du projet et du stage : Carl Jacob, PhD et Sandra Harrisson, PhD

Étudiante : Leyla Fall, étudiante en 4e année en sciences infirmières

Étudiante : Aniella Mutoni, étudiante en 3e année en sciences infirmières

Le présent projet de recherche est l’un des projets faisant partie des deux bourses d’initiation à la recherche offertes par l’Unité de Recherche sur l’histoire du Nursing de l’Université d’Ottawa. Il fait partie d’un continuum, c’est-à-dire premièrement une étude réalisée précédemment auprès de médecins gais pratiquant auprès de patients vivant avec le VIH lors de la pandémie du VIH/Sida, puis d’un premier stage de recherche où l’objectif était d’apprendre à faire la recherche de littérature, l’année précédente.

Ce projet porte sur les expériences des infirmiers gais (males) qui ont soigné des patients vivant avec le VIH pendant cette pandémie, soit entre 1981 et 1998. Cette période, marquée par une grande incertitude avant l’arrivée des antirétroviraux, a profondément affecté les relations des infirmiers avec la maladie, leurs patients, leurs réseaux et leur profession.

Stratégie de Recrutement et Entretien

Stratégie de recrutement

Notre projet de recherche, d’une durée de six semaines, est en phase exploratoire. La stratégie de recrutement des infirmiers gais comprenait deux composantes principales : l’établissement de la liste des endroits où recruter les participants et la détermination des éléments du processus de recrutement. Aniella avait la charge de faire parvenir les documents de recrutement (bilingues) à des communautés en ligne, tandis que Leyla s’occupait des réseaux sociaux.

Établissement de la liste des endroits où recruter les participants

Nous avons commencé par dresser une liste des lieux potentiels où recruter des infirmiers gais. Cette liste comprenait des hôpitaux et des cliniques spécialisés dans le traitement du VIH, des associations professionnelles et des réseaux de soins infirmiers, des organismes 2SLGBTQ+ locaux et nationaux, des forums en ligne et des groupes de discussion pertinents, ainsi que des contacts via le réseau personnel des chercheurs. Ensuite, nous avons cherché les coordonnées des responsables ou des personnes clés dans ces institutions et organismes pour leur envoyer la lettre de recrutement.

Éléments de la lettre de recrutement

Nous avons préparé deux versions de la lettre de recrutement, adaptées selon les différents lieux de recrutement : une lettre formelle pour les institutions médicales et les associations professionnelles, et une lettre plus informelle et personnelle pour les organisations 2SLGBTQ+ et les forums en ligne. Chaque envoi a été consigné dans notre grille de suivi, comprenant la personne qui a procédé à l’envoi, la date, le destinataire, et le lieu de l’envoi. Nous avons encouragé les participants potentiels à partager l’information dans leurs réseaux et avec d’autres infirmiers gais susceptibles d’être intéressés au projet de recherche, afin d’élargir notre liste d’endroits où procéder au recrutement.

Entretien non-dirigé avec une participante (substitue)

Pour la réalisation de notre premier entretien avec une participante substitue, étant donné qu’aucun participant ne s’était encore présenté, nous avons préparé une grille d’entretien, tout en gardant une approche non-dirigée afin de permettre à la participante de partager librement ses expériences et perceptions. L’entretien, d’une durée d’une heure, a été transcrit mot à mot afin de tout conserver ce qui s’est passé et dit pendant l’entretien, par ex., les silences comme les répétions de mots, ainsi que les effets sonores, après sa réalisation. Cela a permis de capturer précisément les mots et les nuances de la participante. Par la suite, nous avons identifié et codé les thèmes récurrents et significatifs pour faciliter l’analyse comparative lors des futurs entretiens, par ex. : la peur et stigmatisation du VIH/SIDA, l’expérience de la fin de vie chez les patients atteints du sida, la mort et etc.

Création d’un poster de recrutement

Face à un faible taux de réponse initial au processus de recrutement (aucun participant), nous avons décidé d’aider une collègue d’étude en nursing à la création d’un poster pour le recrutement en lui fournissant des rétroactions et des conseils sur le contenu à y inclure. Nous espérons qu’un poster visuellement attrayant et informatif séduira davantage de participants potentiels.

Le principal défi

Le principal défi au cours de ce stage était le processus de recrutement, soit la difficulté rencontrée à trouver des personnes désireuses de s’entretenir avec nous. Notre équipe organisait des rencontres hebdomadaires. Durant l’une de ces rencontres, la professeure Harrisson a mentionné, suite à une discussion avec des collègues, qu’il n’y avait pas beaucoup d’infirmiers dans les années 80. Elle a ajouté qu’ils étaient peu à être gai ou hors du ‘garde-robe’ et qu’un nombre important d’entre eux était décédé de la maladie, le VIH, ce qui limiterait énormément le potentiel de participants à cette recherche. De plus, nous, Aniella et moi, avons vécu un nouveau défi, soit le processus de transcription de l’enregistrement de l’entretien, soit la fabrication du verbatim. Nous avons trouvé que c’était un processus lourd et très long!

Témoignages

Leyla Fall: Puisque j’avais aussi collaboré avec le professeur Jacob l’année passée sur la première partie de ce même projet, cette année servait, pour moi, comme continuation de mon travail avec une autre étudiante, Paige Linseman, l’année passée. J’apprécie beaucoup le fait que j’ai pu explorer plus profondément le processus pour réaliser un projet de recherche, surtout parce l’expérience des infirmiers gais durant la pandémie VIH/sida demeure un sujet peu abordé jusqu’à date. Cela rend ce processus de recherche encore plus intéressant et significatif. Néanmoins, je suis ravie d’avoir eu l’occasion de travailler à nouveau avec le professeur Jacob, ainsi qu’avec la professeure Harrisson. C’est elle qui m’a introduit au monde de la recherche lors de ma deuxième année du programme de sciences infirmières. J’ai également apprécié travailler avec mes collègues de classe et de programme Aniella Mutoni et Camille Joanisse.

Aniella Mutoni: Au début de ce projet de stage de recherche de six semaines, la recherche était un domaine inconnu pour moi. Pour ce projet de recherche, j’ai principalement travaillé sur le recrutement des participants, mené un entretien non-dirigé, transcrit le verbatim, identifié les thèmes principaux et commenté une affiche de recrutement. Collaborer avec Leyla, Carl, Sandra et Camille m’a aussi appris beaucoup sur le travail d’équipe en recherche. Malgré les défis, comme le faible taux de réponse initial lors du recrutement (aucun participant), j’ai apprécié l’occasion d’adapter nos stratégies de recrutement, notamment en effectuant un entretien avec une chercheuse ayant vécu de fortes expériences en nursing pendant cette pandémie et en créant un poster de recrutement. Cette expérience m’a offert une excellente introduction à la recherche et des compétences précieuses pour mes futurs travaux en sciences infirmières ou dans d’autres domaines.

Remerciements

Nous tenons à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui ont aidé à la réalisation de ce stage de recherche, soit : Alexandre Klein, Carl Jacob et Sandra Harrisson.


Relire l’histoire de l’Hôpital de Rivières-des-Prairies dans les médias

Par Karina Chartrand et Juliette Goudreault

Au cours de l’été 2024, nous, Juliette et Karina, étudiantes en 4e année au baccalauréat en
sciences infirmières à l’Université d’Ottawa, sommes initiées au monde de la recherche dans
le cadre de la bourse d’initiation à la recherche offerte par l’Unité de Recherche sur l’Histoire
du Nursing. Sous la supervision de Professeure Marie-Claude Thifault, nous avons travaillé sur
le projet explorant les histoires sur l’Hôpital Rivière-des-Prairies rapportées dans les
médias, entre le 1er janvier 1985 au 31 décembre 1986.

Dans la présente publication, nous présenterons de plus amples détails sur le sujet de notre
projet, la méthode de recherche utilisée de même que les défis rencontrés au cours de notre
expérience d’initiation à la recherche.

Avant de plonger dans la collecte des données de l’étude, nous sommes familiarisées avec le
sujet de l’enquête Shadley en lisant le Rapport de la Commission d’enquête sur
l’administration et le fonctionnement de l’hôpital de Rivière-des-Prairies. L’enquête menée
par le commissaire Richard Shadley, avocat en droit criminel, avait comme objectif d’explorer
la nature, la gestion et l’adéquation des services à la clientèle admise dans les secteurs adultes
et enfant, tout en considérant le type de clientèle, ainsi que les ressources humaines et
matérielles de l’établissement (Shadley, 1986, p. 5). Plus précisément, cette enquête, qui était
commandée par le ministre des Affaires sociales, soit M. Guy Chevrette, cherchait à voir si des
actes répréhensibles ou criminels se sont produits à cet hôpital (La Presse, 1985, p. 4).

Avant cette lecture, nous connaissions très peu au sujet de l’hôpital Rivière-des-Prairies, de
même que pour l’enquête Shadley. Autres que de savoir que cette institution est spécialisée en
pédopsychiatrie, et qu’elle est située au sein de l’île de Montréal, nous ne savions pas qu’il y
avait autant d’histoires derrière celle-ci. La lecture du rapport Shadley nous a donc bien éclairés
sur le sujet de l’étude et a suscité notre curiosité à en savoir davantage sur les différentes
perceptions des personnes impliquées dans l’enquête Shadley et/ou à l’hôpital Rivière-des-
Prairies.

L’un des sujets discutés dans le Rapport Shadley qui est particulièrement intéressant est celui
de l’utilisation de l’isolement et des contentions. À l’aide de statistiques présentées dans le
rapport, il a été constaté que l’usage de l’isolement excédait drastiquement les normes de
l’institution. Nous avions donc bien hâte de voir ce que nous allions trouver sur cette
thématique lors de la prochaine étape du projet.

Quant à notre méthode de recherche, elle consistait à rechercher des articles de journaux publiés
entre janvier 1985 et décembre 1986. Pour nous familiariser avec cette méthode, nous avons
rencontré Téa Rokilj, bibliothécaire de recherche à l’Université d’Ottawa. Celle-ci nous a
partagé plusieurs ressources afin d’avoir accès à différents journaux portant sur notre sujet
d’étude. Elle nous a notamment recommandé de consulter les outils de recherche offerts sur le
site web Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), étant donné que l’Université
d’Ottawa ne possède pas de journaux qui touchent sur l’enquête Shadley et l’hôpital Rivière des-
Prairies. Cependant, elle nous a informé que si nous devions consulter les journaux du
Journal de Montréal, nous devrions nous inscrire à la Bibliothèque et Archives Canada pour
ensuite faire une demande nous permettant de consulter physiquement ceux-ci, puisqu’ils ne
sont pas numérisés.

Nous avons donc débuté notre recherche sur le site de la BAnQ où nous sommes rapidement
rendus compte qu’il y avait plusieurs articles disponibles répondant aux critères de notre
recherche. Afin de faciliter la tâche et d’éviter de consulter les mêmes articles, nous avons
convenu que les articles du journal Le Devoir seront consultés par Juliette et que ceux de La
Presse le seront par Karina.

Par la suite, nous avons créé notre base de données dans un document Excel sous forme d

tableau afin d’y insérer les éléments suivants retrouvés dans les articles de journaux : Référence complète, journal, date, auteur‧es, sujet, type d’article, point de vue, mots clés. Nous avons également décidé d’ajouter une section permettant de voir qui a revu l’article afin de faciliter l’entrée de données (soit Juliette ou Karina).


Après quelques semaines, nous nous sommes rendu compte qu’il serait une bonne idée de créer
un dossier partagé sur OneDrive où nous pourrions déposer nos articles de journaux en fichiers
PDF afin d’avoir accès à ceux-ci plus rapidement. De plus, nous avons ajouté une section URL
à notre tableau Excel permettant aussi une meilleure accessibilité à nos articles.

Concernant nos résultats de recherche, nous avons trouvé 25 articles de journaux soit dans Le
Devoir ou La Presse pertinents à notre sujet d’étude, et ce, avec une grande variété d’opinions.
Parmi celles-ci, nous avons pu constater que certains parents de bénéficiaires de l’hôpital
Rivière-des-Prairies approuvent et soutiennent les soins prodigués alors que d’autres blâment
les employés de l’hôpital pour, par exemple, les blessures de leur enfant (Rowan, 1986; Lizotte,
1985). L’Association des parents de l’hôpital Rivière-des-Prairies a mentionné que les médias
ont dramatisé les histoires rapportées de cet hôpital, et que la commission a porté seulement
sur des événements dramatisés. Celle-ci supporte le travail fait à l’hôpital tout en reconnaissant
le besoin d’améliorations (Normand, 1985). Il y a également eu mention de la part d’un
journaliste qu’il existait un conflit d’intérêts parmi les membres impliqués dans l’enquête
Shadley, concluant que l’enquête doit être refaite à partir de zéro (Francoeur, 1986). Quant aux
médecins travaillant à l’HRDP, certains affirment que les soins prodigués sont de hautes
qualités, de même que l’hôpital est souvent perçu de la mauvaise manière (Blanchet, 1986).
Dans quelques articles de journaux trouvés, l’image d’une manifestation devant l’hôpital a été
présentée. Cette manifestation demandant une amélioration de la qualité des soins comprenait
des membres de diverses associations, des bénéficiaires, des employés syndiqués et des
infirmières. Ces manifestants disaient que l’hôpital n’utilisait pas bien les fonds disponibles, et
plutôt, elle se préoccupait de maintenir une image universitaire (Beauregard, 1985).

Par ailleurs, l’un des sujets fréquemment discutés dans les articles de journaux que nous avons
lus touchait la réinsertion sociétale. Cependant, en raison des restrictions budgétaires de
l’institution, l’HRDP n’était pas en mesure d’y intégrer ce type de programme (Napier, 1986).
Lors de cette expérience d’initiation à la recherche, nous avons rencontré quelques défis. L’un
des défis le plus important que nous avons fait face est la difficulté de se situer dans les articles
des journaux, c’est-à-dire : Qui est l’auteur?; Quel est son rôle par rapport à l’article? Quels
sont les sujets dans l’article? Quels sont les objectifs de l’article? Par conséquent, nous devions
lire les articles à quelques reprises pour bien les comprendre. Un deuxième défi que nous avons
rencontré est celui de se familiariser avec les types d’articles : Éditorial, Témoignage,
Reportage, etc. Heureusement, notre superviseur nous a fourni de bons outils afin de nous aider
à déterminer les différents types d’articles.

Pour conclure, nous pouvons nous entendre pour dire que cette première expérience en tant
qu’assistante de recherche nous a été très enrichissante. Tout d’abord, d’un point de vue
personnel, nous avons pu développer, entre autres, nos compétences sur la gestion et l’analyse
de données. De plus, le travail d’équipe nous a permis de renforcer notre capacité à collaborer,
ce qui est une compétence essentielle en tant qu’assistante de recherche et en tant que future
infirmière.

En ce qui concerne les connaissances acquises sur le sujet de l’étude, nous avons fait la
découverte d’une diversité d’opinions allant de la critique au soutien. Nous sommes d’accord
pour affirmer qu’il y avait plus d’articles de journaux portant sur la critique et le désaccord.
Notre contribution permettra à l’avancement de la recherche, puisque nous avons pu construire
une base de données où il est possible de retrouver facilement des articles et mettant en lumière
les différents sujets et enjeux auxquels il a été discuté dans les médias de l’époque au sujet de
l’HRDP, ce qui permet alors une meilleure compréhension de l’histoire de l’établissement.
Les prochaines étapes pour l’avancement de cette recherche pourraient être tout d’abord de
continuer la recherche d’articles de journaux, mais en essayant de trouver plus d’informations
sur le regard et la vision des membres du personnel de l’hôpital. Ayant seulement exploré les
journaux Le Devoir et La Presse, l’analyse des autres journaux, tel que le Journal de Montréal,
Le Droit, etc., serait pertinente. Il serait intéressant en tant qu’étudiantes-infirmières, de voir
l’opinion et la gestion des soins des infirmières de l’époque. Pour ce faire, il serait intéressant
de consulter les dossiers de patients ce qui permettrait également de voir les notes infirmières
afin d’obtenir une vue plus détaillée et directe des pratiques de soins et des expériences vécues
à l’époque.

Références :
Beauregard, F. (1985, 17 mai). Syndiqués, bénéficiaires et parents manifestent à l’hôpital
Rivière-des-Prairies. La Presse. p. 3
Blanchet, A. (1986, 26 mars). Retirer les déficients intellectuels des institutions. Le Devoir,
LXXVII (71), p. 9
Francoeur, J. (1986, 16 avril). Un beau cas de grenouillage. Le Devoir, LXXVII (87), p.8.
Lizotte, L. (1985, 15 août). L’enquète sur l’hôpital de Rivière-des-Prairies : « Ma fille a eu le doigt sectionné
par une porte, elle ne l’a pas mangé ». La Presse. p. 10
Napier, J. (1986, 15 janvier). Hôpital Rivière-des-Prairies : 100 patients pourraient mener une vie normale.
La Presse. p. 9
Normand, G. (1985, 15 août). L’association des parents de l’hôpital Rivière-des-Prairies déplore la
tournure prise par l’enquête Shadly. La Presse. p. 10
Rowan, R. (1986, 16 avril). L’association des parents réaffirme son opposition à la mise sous tutelle. Le
Devoir
, LXXVII (87), p.10.
Shadley, R. (1986). Rapport de la Commission d’enquête sur l’administration et le
fonctionnement de l’Hôpital de Rivière-des-Prairies
(présenté à l’honorable ministre de
la Santé et des Services sociaux du Québec, madame Thérèse Lavoie-Roux), 272 p.
Rivière-des-Prairies : l’enquête risque de relancer le débat public sur les
hôpitaux psychiatriques. La Presse. p. 4

Une étudiante au colloque « Les nouvelles sources de la santé »

Marie Christiana Joseph, étudiante à l’Université d’Ottawa et travaillant pour le Collège des chairesde recherche sur le monde francophone a assisté à la majorité du colloque Les nouvelles sources de l’histoire de la santé que nous avons organisé au sein du 91e congrès de l’ACFAS. Vous trouverez ici son rapport sur les différentes présentations :

Histoire du rôle du déplacement des patient‧es chez les infirmiers et infirmières

Pendant une durée de 6 semaines, nous (Ilana et Solène) nous sommes engagées à travailler sur un projet ciblé pour recevoir la bourse d’initiation à la recherche par l’unité de recherche de l’histoire du nursing. Nous avons ainsi travaillé en collaboration avec Eric Girouard de l’Hôpital d’Ottawa sur le projet concernant l’historique du rôle du déplacement des patients chez les infirmières.

Après avoir discuté avec notre superviseur lors de nos premières rencontres Teams, nous avons réalisé que le projet était en fait plus vaste que ce que l’on croyait. Nous avions plusieurs questions face au sujet précis : quelle est l’évolution des méthodes de travail pour le déplacement des patients au sein de la profession d’infirmière ? Quelle est l’histoire des conditions de travail des infirmiers et infirmières concernant le déplacement sécuritaire des bénéficiaires ? Est-ce que cette tâche a toujours été de la responsabilité des infirmières et infirmiers ? Si oui, quel est l’impact de cette activité sur leur santé au cours de l’histoire ? Si non, comment le rôle de l’infirmier.ère canadien‧ne en est venu à inclure cette charge de travail ? Dans les dernières années, quelle a été l’évolution des procédures et législations entourant le déplacement sécuritaire des patients pour les infirmier.ères ? 

Grâce aux cours intégrés dans nos études, et particulièrement au cours d’introduction à la recherche infirmière, nous avions quelques connaissances préalables sur le processus à suivre. Ainsi, nous avons d’abord déterminé une liste de mots-clés qui pourraient nous être utiles pour recenser les données préexistantes dans les moteurs de recherche. Ensuite, pour analyser les articles résultants, nous les avons triés en les résumant et en évaluant leur pertinence. C’est là que nous avons rencontré notre premier défi ; la majeure partie des écrits trouvés par les moteurs étaient trop récents pour comprendre l’histoire et le début du rôle du déplacement des patients par les infirmières et infirmiers. Effectivement, nous avons trouvé une panoplie d’études en lien avec les méthodes et pratiques professionnelles qui permettaient de diminuer le nombre de blessures au travail chez les infirmières et infirmiers, mais celles-ci ne répondaient à aucune de nos questions initiales.

Après plusieurs heures de recherche dans les bases de données, nous nous sommes tournées vers la lecture de livres et de manuels se rapportant à l’histoire du nursing.  Nous avons fini par avoir une réponse à notre question ; le déplacement des patients fut un des premiers rôles attribués aux premières infirmières. 

Puis, au travers de nos lectures et de notre partage d’informations durant les rencontres Teams, nous avons pu échanger et apprendre sur l’histoire du rôle infirmier concernant le déplacement des patients. Ainsi, nous avons retracé l’évolution du début des descriptions techniques des déplacements, de l’utilisation du terme “Body Mechanics”, de l’organisation du travail de l’infirmière face à son nombre de patients et aux déplacements conséquents, de l’ajout de préposés aux bénéficiaires et leur rôle pour alléger la tâche des infirmières et infirmiers, de l’intégration des appareils de levage au sol et au plafond, ainsi que de la mise en place des algorithmes de décision concernant les déplacements sécuritaires.

Par exemple, nous avons constaté que les blessures liées au déplacement des patients ont longtemps été attribuées à la fatigue et aux erreurs des infirmières et infirmiers. Effectivement, encore en 1906, le livre Nursing: Its principles and practice (Robb)affirmait que : “occasionally the complaint is made that a nurse has injured her back or strained herself in some way in moving a patient. This will generally be because she has failed to do the lifting properly” (p.116). On ne reconnaissait donc toujours pas le danger et les risques réels associés à ce type de tâche (que l’infirmier.ère soit fatigué‧e ou non), et trop peu d’importance était vraiment accordée à l’apprentissage de techniques sécuritaires. De plus, lorsque le terme “Body Mechanics” a commencé à être utilisé, on parlait de mouvements qui permettraient de réduire l’énergie employée lors du déplacement des patients. Or, comme l’a si bien dit notre superviseur, on ne s’est pas demandé si la tâche était réellement nécessaire ou si les infirmières et infirmiers pouvaient l’effectuer différemment (ex : en utilisant des appareils de levage mécaniques). 

Finalement, ces nouvelles connaissances nous ont amenées à nous questionner ; pourquoi le développement de méthodes sécuritaires est-il encore difficile aujourd’hui ?

Bref, le projet d’initiation à la recherche nous a permis d’acquérir de nouvelles méthodes de travail, de mettre à l’avant nos aptitudes de collaboration pour notre travail en équipe et nous a surtout confirmé que la recherche dans le domaine de l’histoire du nursing nous intéresse énormément.Ce projet nous a aussi offert l’occasion de développer notre curiosité, d’en apprendre davantage sur l’histoire et l’évolution des rôles infirmiers, et a également su nous démontrer que la recherche est une voie d’infinis questionnements les plus intéressants les uns que les autres.

Les photographies sont extraites de Lemire, C. et Perreault V. (2016). Soins infirmiers : Cahier méthodes de soins 1 (2e édition). Chenelière Éducation, p‧ 50, 53, 56, 62, 66.

Ilana Lavoie et Solène Martin


À la rencontre de Nurse Lowes

Il y a quelques mois, le fils de Nurse Lowes a fait don d’une boîte d’archives à l’Unité de recherche sur l’histoire du nursing (URHN-NHRU), dans l’espoir d’honorer le travail de sa mère. Cette boîte était remplie d’items ayant appartenu à Nurse Lowes (le contenu de la boîte est présenté en Annexe), une infirmière du 20ème siècle, dont des notes de cours et des ouvrages éducatifs. Les manuels retrouvés dans la boîte portaient surtout sur les sujets suivants : l’anatomie, la physiologie, l’hygiène et la gynécologie. Quant à ses carnets de notes, deux d’entre eux portaient sur 48 cours d’anatomie et de physiologie, alors qu’un portait plutôt sur 10 cours de nutrition et 13 cours de premiers soins.

En plus de dépouiller cette boite d’archives, nous avons effectué des recherches sur Internet et aussi réalisé une entrevue avec son fils Stephen Richards (celui qui avait fait don de la boîte). Voilà ce que nous avons appris : Marjorie Richards (Lowes était son nom de jeune fille), mieux connue sous le nom de Doreen (son deuxième prénom) ou Doree, est née le 1er septembre en 1924 à Derbyshire au Royaume-Uni. Elle a déménagé au Canada en 1956, puis s’est mariée 2 ans plus tard en 1958 et a eu 2 enfants. Après avoir vécu une vie remplie d’aventure, de courage et d’amour, toujours au service d’autrui, elle est décédée en 2016, à l’âge de 92 ans.

Figure 1. Portrait de Marjorie Lowes à l’âge de 17 ans, dans son uniforme de technicienne aéronautique pour la RAF (collection familiale).

Quant à sa carrière, on sait que lorsqu’elle avait seulement 17 ans, elle est entrée dans la Royal Air Force en Grande-Bretagne (apparemment en mentant un peu sur son âge) pour travailler en tant que technicienne aéronautique (aircraft technician) pendant la Deuxième Guerre mondiale. Selon Stephen Richards, « c’était la chose à faire à l’époque ; on luttait pour son pays [traduction libre] ». Peu après la guerre, elle a commencé sa formation à Lincolnshire pour devenir infirmière. Les nombreux décès dans cette période l’ont mené à poursuivre un travail dans le domaine de santé, car elle voulait « faire une différence [traduction libre] » (Stephen Richards, 2023). Une autre source d’inspiration pour cette nouvelle carrière dans le secteur de la santé était le fait que son père avait été blessé pendant la Première Guerre mondiale (elle a d’ailleurs gardé son insigne qui s’est retrouvé dans la boîte) et, à partir de ce moment, est devenu dépendant aux services de soins. Après quelques années de travail en tant qu’infirmière, étant fascinée par le monde de la gynécologie et de la maternité, D. Lowes est devenue sage-femme. En plus de sa famille dont elle était très fière, l’occasion de travailler dans sa communauté pour prévenir de nombreux décès de mères et nourrissons fut parmi ses plus grandes réussites, selon les dires de son fils. Brillante et inspirante, elle est une femme qui méritait que son histoire soit racontée.

Processus de recherche

Lorsqu’on triait la boîte d’objets de l’infirmière D. Lowes, on était à la recherche de nouveaux indices ou morceaux qui nous permettraient de construire, petit à petit, son histoire de vie. Par exemple, parmi les petites notes écrites à la main dans ses manuels, on a retrouvé le nom d’un hôpital, West Middlesex County Hospital.  En cherchant ensuite le nom de cet hôpital sur internet, on s’est retrouvé sur un site d’archive, précisément The National Archives. Sur ce site, on a trouvé un catalogue d’armée sur D. Lowe (sans « s »). Bien qu’on sache maintenant que ce catalogue ne portait pas sur Marjorie Lowes (car la date de naissance sur le catalogue ne concorde pas avec celle donnée par son fils), c’est un bon exemple du processus de recherche. C’est comme une chasse au trésor et parfois, on trouve ce qu’on cherche et d’autres fois, on découvre qu’il faut changer de voie pour aller de l’avant dans sa recherche.

CW+. (n.d.). Women in Medicine. Retrouvé le 27 mai 2023, au https://www.cwplus.org.uk/about-us/heritage/west-mid-100/women-in-medicine/

Après avoir trouvé le nom de l’hôpital West Middlesex County Hospital dans les manuels de la boîte d’archives, nous avons aussi trouvé un prix accordé à Marjorie Lowes de la part de Farnborough Hospital, situé à Kent au Royaume-Uni. Ainsi, nous avons entamé une recherche détaillée afin d’en apprendre plus au sujet de ces lieux. Nous avons appris que ces deux hôpitaux avaient des unités de maternité qui ont ouvert leurs portes autour des années 1930-1940, soit juste avant la période pendant laquelle l’infirmière Lowes aurait travaillé. Une piste particulièrement intéressante s’est présentée lors de ces recherches : nous avons trouvé une photo, sur le site de l’hôpital West Middlesex comportant un groupe d’infirmières, dont l’une ressemblait énormément à Marjorie (photographie de droite). Un courriel a été envoyé à leur équipe ressource, mais nous n’avons reçu aucune réponse. Nous avons également demandé au fils de D. Lowes s’il pensait que c’est sa mère dans la photo, et malheureusement, il semble que ce n’est pas elle.

Military Collectibles. (2023). WWII British RAF Royal Air Force – Uniform Side Ranks Cap or Hat – W/RAF Cap Badge. Retrouvé le 23 mai 2023, au https://milcollectibles.com/index.php?route=product/product&product_id=265

Les épingles retrouvées dans la boîte nous étaient inconnues. C’est pourquoi nous nous sommes basées sur l’acronyme « RAF » retrouvé sur l’une d’entre-elles. Nos recherches ont fait ressortir les mots « Royal Air Force ». Par conséquent, nous avons découvert que l’épingle portant cet acronyme était porté par des membres de l’armée britannique lors de la Deuxième Guerre mondiale. Cela nous a amené à nous questionner sur la possibilité que l’infirmière D. Lowes ait travaillé pour l’armée. La deuxième épingle, quant à elle, était portée par les membres de l’armée canadienne durant la Première Guerre mondiale. Par conséquent, on pouvait déduire qu’elle n’appartenait pas à l’infirmière Lowes; on ne savait pas d’où elle venait jusqu’à notre rencontre avec le fils (c’était l’épingle de son père).

Finalement, les objets de la boîte ont également servi de base afin de créer nos questions pour l’entrevue avec le fils de D. Lowes.

Qu’est-ce qu’on n’a pas trouvé?

À l’aide de l’entrevue avec Stephen Richards, le fils de Marjorie Lowes, nous avons réussi à établir une biographie assez détaillée de la vie de cette infirmière. Cependant, il y a deux points à propos desquels nous n’avons pas eu de réponses :

  1. Est-ce qu’elle a gagné des prix au cours de sa carrière comme infirmière ou sage-femme?
  2. Qu’est-ce qui l’a inspiré à devenir infirmière? Pourquoi a-t-elle décidé d’entreprendre une carrière dans le domaine de la santé? Son fils a tenté de répondre, mais il nous a dit qu’il n’était pas capable de confirmer à 100%.
Figure 2. Photo de graduation de la classe de Nurse Lowes (collection familiale)

Nos principaux défis

Un des plus gros défis que nous avons rencontrés est l’attente de réponses à nos courriels et à nos demandes d’accès aux archives de l’armée. Le délai entre l’envoi des courriels et les réponses a fait en sorte que nous nous sommes plongés dans d’autres avenues de recherche. Bien que ceci nous a permis de trouver de l’information sur les épingles et les hôpitaux dans lesquels l’infirmière Lowes a pratiqué, nous n’avons pas été en mesure d’avancer dans le développement de sa biographie et sa vie personnelle, avant de nous entretenir avec son fils. Et là encore, il y a eu des défis car nous n’avions pas eu de réponse à notre premier mail de sollicitation. Il a fallu envoyer un second mail pour que le contact soit établi.

De plus, nous ne connaissons pas exactement les années au cours desquelles Marjorie a travaillé dans chaque hôpital. Par conséquent, il est difficile d’établir une ligne de temps qui décrit adéquatement ses années de pratiques comme infirmière et comme sage-femme. Nous avons écrit à différents centres d’archives en Grande-Bretagne pour essayer d’en savoir plus, mais nous n’avons, à ce jour, pas obtenu de réponses de leur part.  

Faits intéressants

Au cours de nos recherches, nous avons trouvé quelques faits intéressants. En voici quelques exemples :

  1. Lors des années 1930, les infirmières de l’hôpital de Farnborough devaient être accompagnées après les heures de travail. Si elles voulaient marcher à l’extérieur hors des heures normales, elles devaient porter avec elles une passe spéciale qui leur était donnée par l’infirmière en chef (Hackwood, 1976, p. 1463).  
  2. Dans ses notes de cours portant sur l’anatomie, l’infirmière Lowes écrit que l’épiphyse (aussi connue comme la glande pinéale) n’a aucune fonction connue. À cette époque, les chercheurs n’avaient pas encore découvert les fonctions physiologiques de cette glande (Annexe B). Il en est de même pour la rate, qui elle aussi, n’avait pas de fonction précisément établie selon les manuels. Maintenant, nous savons que l’épiphyse sécrète la mélatonine afin de réguler le cycle d’éveil-sommeil et qu’elle reçoit des influx de l’hypothalamus (Société canadienne du Cancer, 2023), alors que la rate effectue de nombreuses fonctions lymphatiques et immunitaires (Désilets, 2020, p. 13). Ceci n’est qu’un exemple de la mesure dans laquelle les connaissances médicales ont progressé depuis le XXe siècle.
Figure 3. Nurse Lowes et ses collègues de classe en apprentissage (collection familiale).

Dans l’ensemble, ce fut une belle expérience d’apprentissage où on a pu explorer le monde de recherche pour voir un peu plus en quoi il consiste. En effet, bien qu’on parle de la recherche depuis le début de notre parcours universitaire, même depuis l’école secondaire, une carrière en recherche nous était relativement abstraite. On a apprécié l’occasion d’honorer la vie d’une femme si travaillante et accomplie, car on reconnaît qu’en l’absence de projets comme celui-ci, la vie de bien trop de femmes passe inaperçue.

Références

CW+. (n.d.). Women in Medicine. Retrouvé le 27 mai 2023, au https://www.cwplus.org.uk/about-us/heritage/west-mid-100/women-in-medicine/

Hackwood, J. F. (1976). Personal View. The British Medical Journal, 1, 1463. https://doi.org/10.1136/bmj.1.6023.1463

Military Collectibles. (2023). WWII British RAF Royal Air Force – Uniform Side Ranks Cap or Hat – W/RAF Cap Badge. Retrouvé le 23 mai 2023, au https://milcollectibles.com/index.php?route=product/product&product_id=265

Société canadienne du cancer. (2023). Corps pinéal. Retrouvé le 1 juin 2023, au https://cancer.ca/fr/cancer-information/resources/glossary/p/pineal-gland

The Canadian Soldier Militaria. (2023). Retrouvé le 23 mai 2023, au https://thecanadiansoldier.com/products/ww2-british-rafroyal-air-force-cap-badge

Arianne Charlebois et Eliana Wolfe


Expériences des infirmiers homosexuels (gais) lors de leur travail auprès de patients gais infectés lors de la pandémie du VIH/Sida

Responsable du projet et du stage : Carl Jacob, PhD

Étudiante : Paige Linseman, étudiante en 4e année en sciences infirmières

Étudiante : Leyla Fall, étudiante en 3e année en sciences infirmières

Le présent projet de recherche est l’un des quatre projets qui fait partie des bourses d’initiation à la recherche offertes par l’Unité de Recherche sur l’histoire du Nursing de l’Université d’Ottawa.  Il fait suite à celui réalisé en 2012[1] auprès de médecins gais pratiquant auprès de patients gais infectés lors de la pandémie du VIH/sida.

Processus de recherche

Pendant les six semaines du projet de recherche, les deux étudiantes ont appris à accomplir les étapes préliminaires d’un projet de recherche, par ex.: trouver des mots-clés destinés à effectuer une recherche de littérature, identifier les bases de données du domaine de recherche (e.g., Medline (OVID), Research Gate, CINHAL, APA Psychinfo…), soit en sciences infirmières, et à monter une grille des mots-clés et des bases de données afin d’effectuer le suivi de la recherche de littérature dans les bases de données, c’est-à-dire, effectuer une recherche de littérature à travers les nombreuses bases de données pertinentes aux sciences infirmières en utilisant les mots-clés afin de poursuivre celle débutée par le Prof. Carl Jacob (voir Tableau (grille) : banque de données / mots-clés)

Tableau (grille) : banque de données / mots-clés

Par la suite, les deux étudiantes ont monté une liste bibliographique avec les documents trouvés, construit une grille d’analyse selon les résultats de la recherche auprès des médecins gais1, ainsi que celle effectuée auprès des infirmiers gais en milieu de travail 4, afin d’y inscrire les informations contenues dans les deux documents (livres) trouvés (par ex.: Wounded Healers: Confessions of a Male Nurse, Book II 2 et My Journey as an AIDS Nurse par Dominick Varsalone et Sally Deering 5).

Puis, les deux étudiantes ont inscrit l’information pertinente des deux livres, selon la grille d’analyse, dans la grille d’analyse afin qu’elles puissent servir à la rédaction ultérieure du narratif (par ex.: inscrire les citations, les références bibliographiques et les pages).

Grâce à la lecture de deux livres2,3 discutant des expériences des infirmiers gais en temps de pandémie du VIH/sida, les deux étudiantes ont également effectué de nombreux apprentissages dans les domaines suivants, soit : la différence entre le VIH et le sida, le domaine du VIH/sida du point de vue des soignants (médecins, infirmier.ère.s), les expériences des infirmiers dans un domaine dominé par des infirmières lors de la pandémie du VIH/sida (par ex.: sortir du placard en milieu de travail); et l’utilisation de différentes ressources mises à la disposition des étudiants et du corps professoral (par ex.: les bibliothécaires et les services et ressources de la bibliothèque).

Le principal défi

Un des plus gros défis que les deux étudiantes ont rencontrés était de trouver la littérature existante qui se concentrait spécifiquement sur l’expérience des infirmiers/infirmières gais ou lesbiennes prenant soin de patients infectés pendant la pandémie du VIH/sida. Elles ne trouvaient que des sources qui exploraient l’expérience des infirmiers/infirmières en général, sauf trois livres, ce qui a constamment mené à douter de la pertinence des autres sources trouvées pour faire avancer la présente recherche, par exemple, les expériences des infirmiers/infirmières en général. Cet obstacle a indéniablement mis l’emphase sur le manque de littérature, scientifique ou autres, ou de témoignages sur l’expérience des infirmiers ou infirmières homosexuels (gais ou lesbiennes) pendant la pandémie du VIH/sida.

Témoignages : Comment ce stage de recherche vous a-t-il profité et qu’est-ce que vous en avez retiré ?

Paige Linseman : Au début du stage, la recherche était un domaine inconnu pour moi. Durant les dernières six semaines, j’ai eu l’occasion de découvrir les diverses étapes incluses dans le processus de recherche. J’ai lu plusieurs articles, thèses et livres qui touchaient aux thèmes reliés à notre sujet de recherche. Par ailleurs, j’ai été capable de me familiariser avec des outils de gestion bibliographique (par exemple, ZOTERO). Je suis très reconnaissante de cette opportunité car celle-ci m’a offerte une belle introduction au processus de la recherche et tous ces éléments. Selon moi, je serais capable d’appliquer mes connaissances apprises à mes futurs travaux scolaires.

Leyla Fall : La recherche est devenue l’un de mes domaines d’intérêt pendant que je suivais le cours NSG 3701, Recherche en sciences infirmières, enseigné par la professeure Dr. Sandra Harrisson. En fait, c’est elle qui nous a présenté le présent stage de recherche pendant l’une des sessions de ce cours. Je serai toujours reconnaissante d’avoir postulé impulsivement ce poste, car j’ai fini par en apprendre beaucoup au sujet de la pandémie du VIH/sida. J’ai aussi eu la chance de lire un livre très authentique et inspirant intitulé “My Journey as an AIDS Nurse”5 par l’auteur Dominick Varsalone, qui était un infirmier gai au cours de la pandémie du VIH/sida. Bref, les choses que j’ai apprises sur le VIH/sida, les expériences de cet infirmier gai pendant cette pandémie, ainsi que les méthodes de recherche (par ex. : chercher dans les bases de données pour des articles, construire une grille pour les mots-clés et construire une grille pour l’extraction des données lors de la lecture des documents trouvés) vont beaucoup m’aider durant le reste de ma vie étudiante et ma future carrière comme infirmière.

Remerciements

Nous tenons à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui ont aidé à la réalisation de ce stage, soit : Victoria Cole, bibliothécaire; Alexandre Klein, Carl Jacob et Marie-Claude Thifault.

_____________________________________________________________________________

1 Jacob, C. (2012). Recours à l’apprentissage expérientiel dans la transformation de la pratique médicale de six professionnels dans le contexte de la pandémie du VIH-SIDA [Thèse de doctorat, Université du Québec à Montréal]. https://archipel.uqam.ca/4660/1/D2294.pdf

2 Ferri, Richard S. (2012). Wounded Healers: Confessions of a Male Nurse, Book II. Retrieved May 18, 2023, from https://www.goodreads.com/book/show/20984273-wounded-healers

3 Ferri, Richard S. (2005). Confessions of a Male Nurse: Harrington Park Press. https://www.amazon.ca/Confessions-Male-Nurse-Michael-Alexander/dp/0007469543/ref=sr_1_1?crid=39DVVOYI28CUN&keywords=confessions+of+a+male+nurse&qid=1680213196&s=books&sprefix=confessions+of+a+male+nuse%2Cstripbooks%2C84&sr=1-1

4 MacIsaac, T. A. (2008). Exploring the Storied Experience of Gay men Nurses: Navigating the Heteronormative Terrain of Heatlthcare [Dalhousie]. https://central.bac-lac.gc.ca/.item?id=MR44010&op=pdf&app=Library&is_thesis=1&oclc_number=689502722

5 Varsalone, D. & Seering, D. My Journey as an AIDS Nurse. Kindle. Retrieved June 18, 2023, from https://www.amazon.ca/My-Journey-as-AIDS-Nurse-ebook/dp/B076B7CVMW

6 Czerwiec, M.K. (2017). Taking Turns: Stories from HIV/AIDS Care Unit 37. The Pennsylvania State University Press. https://oculuo.primo.exlibrisgroup.com/discovery/fulldisplay/cdi_informaworld_taylorfrancis_310_1093_ohr_ohy077/01OCUL_UO:UO_DEFAULT


[1] Jacob, C. (2012). Recours à l’apprentissage expérientiel dans la transformation de la pratique médicale de six professionnels dans le contexte de la pandémie du VIH-SIDA [Thèse de doctorat, Université du Québec à Montréal]. https://archipel.uqam.ca/4660/1/D2294.pdf